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de St. Domingue, & mit à terre un nombre considérable de troupes.Apparemment qu’ils comptoient les Espagnols pour rien , & qu’ils ne s’at-tendoient à aucune résistance ; car ils furent si surpris en marchant à laCapitale, de trouver des fusiliers dans un bois qui étoit fur leur passa-ge, qu’ils ne pensèrent qu’à regagner leurs vaisseaux, après avoir eu sixcens hommes tués, trois cens blessés dangereusement, & deux cent pris.Cependant on prétend que ces fusiliers, qui firent cette terrible exécu-tion , n’étoient pas plus de cinquante. Les Chefs de la flotte firent aussi-tôt voile vers la Jamaïque, & y abordèrent le treizième de mai. LaCapitale se trouva déserte ; en peu de mois ils se rendirent maîtres detoute l’Isle. Les Espagnols n’ignorèrent pas ces injures, qu’on leur fai-soit sans même en avoir aucun prétexte. Ils les dissimulèrent, tandisqu’ils espérèrent que le Protecteur seroit leur ami ; mais ils éclattèrent,& firent arrêter dans leurs ports tous les vaisseaux Anglois, dès qu’ilsefût uni avec la France.
Ils l’avoient traversée de tout leur pouvoir. Le vingtième mai leMarquis de Leyde & Dom Alonzo de Cardènas, Ambassadeurs du RoiCatholique, présentèrent un Mémoire au Protecteur. Ils y faisoient ledétail des avances qu’ils avoient faites pour avoir son amitié, & se plai-gnoient amèrement de les avoir faites en vain. „ Séréniflìnie Sei- „gneur, difoient - ils, le Roi nôtre Maître ne pouvant douter que vó- „tre Altesse n’ait conservé le souvenir de tant de preuves d’amitié & „de bonne correspondance, avec laquelle il a tâché d’obliger cette „République dès qu’elle se forma, & vôtre Altesse, depuis qu’elle s’est „chargée de fa protection, fans avoir omis aucun moyen capable de „contribuer à étreindre les nœuds de cette amitié , il lui a plû de nous „ordonner de réprésenter de nouveau à vôtre Altesse, qu’il est le pré- „mier qui reconnut cette République & y destina un Ambassadeur, „qu’il autorisa du titre de Plénipotentiaire pour traiter avec cet Etat. „Le traité fût si avancé, que vraisemblablement il se fût conclu tel „qu’il avoit été projetté avec le Roi Charles prémier, si la séparation „du Parlement qui survint au mois d’avril, mille six cent cinquante- „trois, ne l’en eût empêché. Et depuis, le Parlement aïant chargé „vôtre Altesse de l’Office & Dignité de Protecteur, elle eût pour agréa- „ble de nommer des Commissaires. Là- dessus on commença le nouveau „traité d’Alliance plus étroite. Et lorsqu’il n’y avoit personne, qui ne „crût que les conspirations, desquelles Dieu avoit préservé vôtre AI- „tesse , retardoient la conclusion du traité de cette République avec la „France, dont les maximes, les intérêts & les convenances font si con- „traites à vôtre Altesse ; ainsi que Dom Alonzo le lui a réprésenté en di- „verses occasions , & particulièrement lorsque les Ministres de cette Cou- „tonne se sont mêlés dans lesdites conspirations ; jusque-là que vôtre ,,Altesse se vit obligée de faire sortir de sa Cour le Sieur de Èaas, En- „voyé du Roi très Chrétien, lequel fût récompensé à son arrivée en „France ; joint que Vôtre Altesse ne pouvoit ignorer, combien la Fran- „
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Les Espa-gnols ^'oppo-sent inutile-ment à cetteAlliance.Corps Dipla .matique ,tom, 6 . Part.». pag. 106.