DE LOUIS XIV. LIV. XVIII. n?
le joug d’une domination étrangère, dont elles s’étoient laissé trop facile-ment charger. Casimir s’étoit retiré dans la Silésie. II rentra en Polo- I6ff.gne dès qu’il vit la plupart de ses sujets prendre les armes en fa faveur.
Alors on fe battit, & le victorieux fût vaincu à son tour. Les premiè-res démarches de Charles Gustave , son génie, qui paroissoit n’aspirerqu’aux plus grandes choses, son Alliance étroite avec Cromwel, dontl’ambition passoit pour n’avoir point de bornes , excitèrent contre luitous ses voisins. La Moscovie , le Dannemarck, l’Empereur armèrentcontre lui ; ils engagèrent même les Tartares à l’attaquer. On verradans la fuite comment il fe démêla de tous ces embarras.
Les Vénitiens continiioient d’être en guerre avec le Turc. Cette Secours doa.année leur fût heureuse. Ils défirent entièrement la flotte ennemie à l’en- JV ^trée des Dardanelles. La France avoit contribué plus qu’aucune autre battent'les*Puissance à les mettre en état de vaincre. Un des premiers foins d’A- Turcs,lexandre sept, avoit été d’exhorter les Cardinaux à secourir cette Ré- MnmireskLpublique , laquelle, disoit le Pontife , se sacrifioit si généreusement pour florìques Aassûrer le repos du reste de la Chrétienté. Ses exhortations furent effi- 9gi ~caces ; soit zèle, charité, ou respect humain, ils se taxèrent chacun à ?mille écus. On en donna avis au Cardinal Mazarin. II offrit d’entrete-nir six vaisseaux au service de la République. • On lui fit entendre qu’el-le avoit assez de vaisseaux, & qu’elle n’avoit besoin que d’argent. II setaxa à cent mille écus, & ce fût en son nom que cette somme fût en-voyée. Vû la situation du Roïaume & les besoins de l’Etat, la cha-rité étoit excessive ; mais elle étoit modique par rapport à ce Ministre,qui, selon toutes les apparences, avoit déjà amassé une bonne partie desvingt millions qu’il laissa à fa mort.
C’ést ainsi que la France reprenoit fa première splendeur, & entroit Qn terminedans toutes les affaires de l’Europe. La Savoye étoit menacée d’une les différ-guerre intestine. Les Vaudois se plaignoient extrêmement de la dureté endsdesVau-avec laquelle on les traitoit. Ces plaintes méprisées avoient été suivies Sa d _ u
de la prise des armes dans les trois Vallées de Lucerne, St. Martin & voye .Peroulé , & dans quelques villages voisins. On s’intéressa , comme on Cor p sledevoit, pour éteindre ce commencement d’incendie, qui auroit pû se plot», toi». 6.communiquer en France, & auroit sûrement empêché, qu’on ne tirât de PaYt - *• P a Z-Savoye les secours qu’on en attendoit. Mr. Servien Ambassadeur auprès II4 ‘du Duc de Savoye, eut ordre de travailler à pacifier ces troubles. II y réus-sit, &obtint à ces peuples un sort du moins tolerable. Les articles, quirétablissoient la paix & dévoient la conserver, furent publiés à Pignerolle dix-neuvième d’août.
L e premier confirmoit les grâces, qu’on avoit accordées aux Pro-testans les années précédentes. On pardonnoit tout ce qui s’étoit faitpendant les troubles ; on révoquoit les sentences prononcées contrequelques particuliers, & on les aífuroit, que jamais ils ne seroient in-quiétés ni poursuivis à raison de ce qui s’étoit passé. Les autres conte-naient une multitude de détails & de réglemens, qui prouvoient bien
Tom. II, T t fensi-