DE LOUIS XIV. LIV. XIX.
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hazarder & courir quelques risques. Les deux Places qu’on avoir envûë étoient des plus fortes & des plus importantes des Païs-Bas. ©n nepouvoit douter que l’ennemi ne fît tous ses efforts pour les sauver.L'Armée étoit afïez foíble , beaucoup de troupes & de recrues ne l’avoientpas encore jointe. Ce qui détermina à passer par-dessus ces difficultés,ce fût le changement qui s’étoit fait dans le Gouvernement desPaïs-Bas.
L’Archiduc Léopold, qui en étoit chargé depuis huit ou neufans, retourna en Allemagne, où l’Empereur avoit jugé fa présence né-cessaire depuis qu’il avoit perdu son fils aîné. Le Roi d’Eípagne avoitenvoyé à fa place Dom Juan d’Autriche son fils naturel. II avoit de laréputation, & s’étoit fort distingué en Italie & en Catalogne. Son ar-rivée causa de la difficulté par rapport au rang qu’il tiendroit avec lePrince de Coudé, qui vouloit le précéder partout. L’Archiduc, pouraccorder ce différend, vit Dom Juan avant que de partir, & lui donnachez lui la droite ; le Prince de Coudé en fit autant, & n’ôsa refuserde suivre Pexemple d’un fils & frère d’Empereur. Le Comte de Fuen-saldagne avoit aussi quitté les Païs-Bas. Dégoûté apparemment des hau-teurs du Prince de Coudé, il avoit demandé son rappel. On le luiavoit accordé ; mais comme on étoit content de lui, il prit en Italie laplace du Marquis de Caracène, qui vint le remplacer en Flandre. Ceschangemens, qui faisoient comme un nouvel établissement, avoient em-pêché les Espagnols de se mettre de bonne heure en Campagne, & c’é-ttoit sur ce retardement que le Vicomte de Turenne & le Cardinal Ma-zarin avoient arrangé leurs projets.
D e' s qu’ils en furent convenus, ce qu’il y avoit de troupes fur 1gfrontière marcha en grande diligence jusou’à deux lieues de Tournai.On fût que l’ennemi avoit pénétré le dessein, & qu’il avoit fait camperquelques Régimens aux environs de cette Place , avec ordre de s’y jet-ter dès que les François en approcheroient. Comme on n’avoit penséà l’attaquer , que parce que la garnison en étoit très foible, le Vicom-te retourna fur ses pas. II étoit trop sage pour s’engager dans le Païsennemi, & s’éloigner pour long-tems de ses vivres & de ses munitionsde guerre. Le Marquis de Caítelnau qui avoit déjà passé St Guislainavec une partie de la cavalerie, le Chevalier de Crequi qui étoit auxenvirons de Douai avec un corps d’infanterie eurent ordre de marcherà Valenciennes ; toute P Armée s’y réunit le quinze juin, & cette Villese trouva tout d’un coup investie. Elle est grande, & étoit dès - lorstrès forte. L’Escaut, qui passe au-travers, en rend la circonvallationdifficile, aussi bien que la communication des quartiers. Elle est pres-que toute environnée de marais. Le côté de la porte de Tournai, quiest le plus foible, ou plûtót, dont le terrein est meilleur pour les tran-chées , étoit défendu par une Citadelle ; les dehors étoient étendus, lesfortifications multipliées, les fossés larges & profonds. Outre l’Efcautqui les remplit, une autre petite rivière donne la facilité de faire une
grande
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Montglat ,tom. 4. pag.11?.
Histoire deLouis 11 .Prince deConde ', pag.468.
Siège de Va-lenciennes.Quinci, tom.i.pag, 307.
Montglat ,tom. 4. pag.114.
Turenne ,tom. 3. pag.276.
Quincy, tom.1. pag. 307.