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Tome second.
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HISTOIRE

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Turenne ,tom. r- $ag.

í8.

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grande inondation , qui jointe à celle qu’on peut faire à Bouchain, met-tent sous l’eau presque tous les environs.

Telle étoit la Place dont on avoit entrepris le siège avec une Ar-mée médiocre. II n’y avoit alors dans cette Ville pour la défendre quemille hommes de pied & deux cent chevaux ; mais la Bourgeoisie nom-breuse , & du moins auffi brave que dans aucune autre Ville des Païs-Bas,tenoit lieu de troupes réglées; à quoi on pourroit ajouter, que la Do-mination Françoise étoit extrêmement odieuse à ces peuples , qui crai-gnoient, comme ils Pont éprouvé depuis, la perte de leurs droits & deleur liberté.

On avoit plus compté fur fa diligence que fur ses forces. Le jourmême qu’on arriva, on commença la circonvallation , & les quartiers furentséparés. Le Vicomte de Turenne fit passer le Marquis d'Uxelles, quicommandoit le Corps du Maréchal de la Ferté, dans PIsle de St. Arnaud,avec ordre de s’avancer jusques fur le bord de PEfcaut au-dessus de laVille , fur le chemin de Bouchain. II marcha lui-même par les cam-pagnes qui regardent le Quênoi & Cambrai. La communication fût aisé-ment établie. Le soir même , il passa sur un pont que le Marquis d’Uxel-les avoit déjà fait construire. On s’empara de deux redoutes ; de ma-nière que dès la prémière nuit, la Place se trouva presqu’entièrement fer-mée. Dès le troisième jour la circonvallation fût assez avancée , pourempêcher un secours ordinaire d’entrer dans la Place. L’ennemi tentaeffectivement d’y jetter sept ou huit cens hommes par le quartier des Lor-rains ; ils furent repouílës, personne ne passa, plusieurs furent pris, lereste se sauva à Bouchain.

Le cinquième, ou sixième jour, la circonvallation fût en très bonétat. Elle consistoit en un double fossé fraisé & palissade. Comme onn’avoit pas beaucoup d’infanterie, & que le Païs ne fòurnissoit point detravailleurs, on s’appliqua d’abord à fortifier les principales avenues, re-mettant à travailler après aux endroits les moins exposés. A peine avoit-on commencé ces travaux , qu’on vit croître la rivière entre Bouchain &Valenciennes, & se répandre dans la prairie ; on y fit jetter quantité defascines & le passage demeura libre. Cette inondation , qu’on n’avoitpoint assez prévûë , augmenta au point qu’il y avoit près d’une demilieuë où il y avoit partout au-moins dix pieds d’eau , & en certainsendroits beaucoup plus. Dans tout cet espace on fit un pont ou plûtôtune digue flottante en quelques endroits, & en d’autres arrêtée avec despiquets ; les crues étoient quelques-fois si hautes , que les troupes yavoient de l’eau jusqu’à la ceinture. Malgré ces difficultés , on lût enétat d’ouvrir la tranchée le neuvième jour. Le foin qu’on avoit eu deremplir les magazins des Places avancées, produifoit l’abondance dansle camp. Les ennemis ne purent jetter aucun secours dans la Place,quoiqu’elle fût au-milieu de toutes leurs Places fortifiées. On retardapourtant de trois jours l’ouverture de la tranchée, afin d’avoir plus detems de travailler à la digue & de perfectionner la circonvallation; el-le fût