DE LOUIS XIV. LIV. XIX.
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le fût faite la nuit du vingt-íìx au vingt-sept par les Régimens des Gardes ?■ «**—Françoiscs & Suisses. On avança tort les premiers jours ; mais lors- i6fó.qu’on approcha des travaux de l’ennemi on trouva une grande rési-stance. II défendit fort bien la contrescarpe des dehors, & ce ne fûtqu’après avoir été repoussé trois ou quatre fois qu’on y fit un lo-gement.
Dom Juan d’Autriche, le Prince de Condé, le Marquis de Caracè- *{ ennem ‘ne ne virent pas plûtót la tranchée ouverte, que d’abord ils vinrent sc lo- s ‘‘P** 00 e>ger à une lieuë de l’Armée Françoise; ensuite ils se portèrent au-dessusdu camp des Lorrains, à une demie portée de canon des lignes. LeurArmée n’étoit que de vingt mille hommes. Le Vicomte de Turenneétoit plus fort; mais, dit-il lui-même, la grande étendue de la circon-vallation, & la difficulté de rassembler les quartiers ôtèrent le moyen de Turemesonger seulement qu’on pouvoit les attaquer. Dom Juan d’Autriche tomT^çag.vouloit se battre en arrivant. Son Conseil, où sûrement le Prince de a8oiCondé avoit sa voix , s’y opposa. Loin d’attaquer ils se retranchèrentpromptement. Cette manœuvre donna le tems aux Lorrains de se for-tifier a plaisir ; ils enfermèrent même dans leurs lignes une hauteur, dontl’ennemi auroit tiré un grand avantage s’il s’en étoit emparé, comme il lepouvoit facilement.
L’Arme'e ennemie fi proche des retranchemens attira la principaleattention du Général François. II ne poussa point le siège aussi vivementqu’il l’auroit fait, persuadé que les ennemis attaqueroient ses lignes. Con-tre fa coutume il ne passa aucune nuit dans la tranchée. Le Maréchal dela Ferté ne vint à l’Armée, que huit ou dix jours après que la tranchée avoitété ouverte ; il fit ajoûter quantité de travaux à son quartier. On pous-sa les attaques avec vigueur. Du côté de Mr. de Turenne, une desbranches de la tranchée fût poussée jusques fur le bord du fossé de laPlace, & l’autre jusques dans le fossé de la demie-lune. Du côté duMaréchal de la Ferté on avoit pris une tenaille. Les Assiégés, qui jus-qu’alors avoient fait de grands efforts , ne se défendoient plus que molle-ment ; on commençoit à espérer, qu’on se tireroit avec honneur d’uneentreprise si critique. Les Généraux ennemis, résolus de tout risquer
Î iour sauver cette Ville & leur réputation , après avoir examiné à loisir laituation des quartiers, s’étoient déterminés à attaquer le Maréchal de laFerté. Le quatorze juillet, ils prirent les armes, & firent marcher leursbagages vers Bouchain. Ils étoient restés fur l’éminence, qui dominoitle quartier des Lorrains ; ils avoient à leur gauche PEfcaut, fur lequelils avoient jetté cinq ou six ponts ; à leur droite étoit un ruisseau, quiséparait les Lorrains des autres quartiers de Mr. de Turenne.
Toute la nuit se passa fans allarmes. Un déserteur vint donner tom. j.avis, que les ennemis en vouloietit au Maréchal de la Ferté. Tout ce que * br-
ie Vicomte pût faire, dans l’incertitude des desseins de l’ennenii, ce fûtde tenir une partie de son infanterie prête k marcher au secours duTm. II. Vu quar-