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HISTOIRE
1 6 f 6.
II attaque lesretranche-mens, & lesforce.Turenne ,t ont. pag.
284 -
Jdontglat ,tom. 4. pag.
116.
(Juincy , tom.j. 'pag. 209.jBujjì, tom.2. pag. 68-
quartier qui seroit attaqué. Dans cette circonvallation íì étendue, oùil n’y avoit que douze mille hommes de pied, dont une partie étoitoccupée aux deux attaques, il n’étoit pas possible d’avoir aucun endroitsuffisamment garni sans que d’autres fussent abandonnés ; mais on comp-toir fur un grand Corps de cavalerie, & fur l’infanterie à portée de ferendre promptement où il seroit nécessaire ; on comptoir encore sur ceque ceux qui attaquent Rembarrassent souvent eux-mêmes, pour peuqu’ils trouvent de résistance.
L’ennemi fût tout le jour suivant en bataille, sans qu’on fût sondessein. On ne doutoit presque pas qu’il n’attaquât le quartier des Lor-rains , où st pouvoit marcher en sortant de ses retranchement On sa-voir bailleurs que Marsin étoit à St. Amand, avec un Corps de trois àquatre mille hommes, qui dévoient faire une attaque particulière. LeMaréchal de la Ferté fût pourtant averti par quelques prisonniers qu’ilseroit sûrement attaqué. II ne le crut pas, ou il ne pût rien changeraux dispositions qu’il avoit déjà faites; & ce qui est encore plus éton-nant, il ne mit personne hors de ses lignes pour observer l’ennemi.
L e Prince de Coudé & Dom Juan d’Autriche commencèrent à pas-ser la rivière à l’entrée de la nuit. Ils laissèrent à leur ordinaire les gar-des avancées à la tête de leur retranchement. Les Lorrains en étoientsi proches, qu’on avoit fermé toutes les grandes barrières, & l’on n’au-roit pû entrer dans leur quartier que par deux endroits, où il ne pou-voit passer qu’un cheval de front. Cette clôture exacte , si je puis ainsiparler, étoit cause que l’on ne tenoit pendant la nuit que dix ou douzecavaliers hors des lignes. Ces gens voyant & entendant les gardes avan-cées du camp de l’ennemi, ne soupçonnèrent point sa marche. II avan-çoit cependant ; déjà il avoit passé l’Èscaut, & s’étoit mis en état de com-mencer l’attaque. Le Maréchal de la Ferté ne sût qu’il étoit attaqué , quelorfqu’ils arrivèrent au prémier fossé de son retranchement. Ils y donnè-rent avec un grand front, & emportèrent la ligne, avec peu de résistan-ce de l’infanterie, qui fût du moins aussi mal secondée par la cavalerie.Aux premiers coups de mousquet deux Régimens du quartier de Mr.de Turenne passèrent la digue , & furent suivis de quatre autres ; le pré-mier qui arriva trouva l’ennemi maître des lignes. Le Maréchal de laFerté, qui, après les avis qu’il avoit reçus, auroit dû être à la tête deses troupes pour recevoir l’ennemi, accourut avec quelques escadrons.La confusion étoit si grande, que ses efforts furent inutiles ; il se fitprendre, & il fit bien, c’étoit Tunique moyen de couvrir & de faireoublier sa grande négligence & les autres fautes qu’on lui a repro-chées , & qui furent cause de ce grand échec. Le combat ne dura pasun quart d’heure , depuis le tems que les ennemis vinrent au bord duprémier fossé, jufqu’à ce que maîtres des retranchemens ils s’y fussentmis en bataille. Ayant trouvé si peu de résistance, ils comblèrent lesdeux fossés, rompirent les palissades, marchèrent vers la Ville, & fi-rent poursuivre par leur cavalerie les troupes qui fuyoient de toutes
parts.