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Tome second.
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DE LOUIS XIV. LIV. XIX.

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qu’ils auroient dû avoir , étoit passée dans le camp des Espagnols. Ilsfurent deux jours en présence sans rien tenter , & le Prince de Condé , iósó.ce foudre de guerre , souffrit tranquillement qu’on le bravât après favictoire. Non-feulement cette Armée , pour la poursuite de laquelle onavoit commandé trois mille chevaux , ne recula point & présenta undéfi qu’on n’ôsa accepter ; mais elle étoit résolue à attaquer au casqu’on entreprit de lui couper les vivres & d’empécher ses fourrages. TurenjíeCela parut un peu téméraire , dit Mr. de Turenne, mais en prenant le tom . i.pàg.parti de demeurer au Quênoi , il falloit rie se relâcher en rien. 219.

Quelle différence de la levée du siège de Valenciennes & de celui 'd’Arras ! Devant cette dernière Place la déroute fût générale, il fallutun tems considérable pour rassembler les troupes dispersées, à peine óse-rent-elles se montrer le reste de la Campagne ; il fallut toûjours les te-nir éloignées de l’Armée victorieuse. Devant la prémière tout se réduità la levée du siège, la retraite se fait en bon ordre, on ne fuit pas,on arrête le vainqueur, on le défie même sans qu’il ose éprouver enco-re une fois le sort des armes ; on perd une Place , mais on en prend uneautre, du moins.auffi importante que celle qu’on a perdue. Ces différenssuccès ne marquent-ils pas la différence des Généraux?

L’ennemi n’ayant pas jugé à propos de faire aucune entreprise, Siège demarcha vers Condé après avoir perdu trois ou quatre jours. S’il eût in- ^sEf p f. arvesti cette Place le jour même que Valenciennes avoit été délivrée, il lé gnols. "fût. rendu Maître d’une partie de l’Armée du Maréchal de la Ferté, quis’y étoit renfermée ; le retardement donna loisir au Gouverneur d’en en-voyer trois ou quatre mille hommes , & de ne garder que ce qu’il luien falloit pour fe défendre. Dès que l’Armée d’Espagne se fût mise en Turenne ,mouvement, on détacha mille chevaux chargés de farines pour faire en- a - P a &-trer dans la Place menacée. Buffi exalte fort l’envoi de ce secours, ^ a< ^II n’y a guères au monde que le Maréchal de Turenne, dit-il, qui „ 71.en présence des ennemis, beaucoup plus forts que lui, fît un détache- „ment auísi considérable que celui-là. 11 faut bien posséder la guerre „pour en user ainsi, & ce sont-là des coups de maître. II ne tiendroit „qu’à moi, continuë-t’il, de ne rien dire de cette action, & peut-être „que les flatteurs du Maréchal ne l’ont pas sue, ou n’ont pas été assez „habiles pour la remarquer ; mais ni l’amitié, ni la haine ne me firent „jamais manquer à ce que je dois à la vérité Cette action, que l’onveut faire passer pour un. coup de maître, n’a point été faite en pré-sence de l’ennemi comme Bush le prétend. Mr. de Turenne dit positi- Mid. tem. j.vement, qu’il n’ordonna ce détachement qu’après savoir vû déloger.^’ 391 *Dans ces circonstances , un détachement n’avoit rien de singulier, au-lieu que dans celle où Buffi dit qu'il fût fait, ç’auroit été une impru-dence extrême; d’autant plus, que le peu de distance qu’il y avoit duQuênoi à cette Place , assurait la facilité d’y faire entrer du secoursavant qu’elle fût investie. C’étoit de la résolution d’attendre l’ennemi,qu’il falloit dire, que c’étoit un coup de maître, & qu’il n’y avoit au

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