DE LOUIS XIV. LIV. XIX.
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On n’y fût pas longtems. On fût averti par des prisonniers, que les ———Espagnols, persuadés qu'on les craignoit & résolus de continuer leur niar- j gyó'.che, étoient arrivés à Lens ; on prit le parti de retourner à Houdain,distant seulement d’une lieue de la Buffière ; on partit à minuit, afìn qu’aupoint du jour on pût être en bataille. La situation étoit favorable, sal-le gauche & saíle droite étoient sur des hauteurs presqu’inaccestibles ;de grands ravins défendoient la. droite ; la gauche, qui n’avoit pas le mê-me avantage, fût fortifiée de quelques redans ; on eût pû fe mettre àcouvert d’un ruisseau, mais le Maréchal de Turenne ne voulut pas lepasser , craignant que l’ennemi n’attaquât la Bassée, dont la situationest telle, qu’en y arrivant deux heures avant ceux qui pourroient la dé-fendre , il leur est prefqu’impossible de la secourir. Ce Général vouloitéviter cet inconvénient, ce que le passage de ce ruisseau eût empêché.
O n ne peut rien de plus sage & même de plus hardi que ces arran-gemens ; cependant Mr. de Bussi les critique impitoyablement. „ Rien, „ Mémoires ,
dit il, ne parut sûr au Maréchal, que de s’aller poster à la Buffière. „ tom • a - P a B’
Pour cet effet, il fit marcher l’Armée à feutrée de la nuit du dernier „ 77 ’
d’août au prémier de septembre. Ce mouvement à ces heures-là, fur „
la nouvelle de rapproche des ennemis, étonna l’Armée, & elle eût „assez peu de confiance au Maréchal pour avoir peur fur fa retraite „fi précipitée ". II dit encore, que la marche qui fe fit pendant la nuitdu trois au quatre de septembre pour revenir à Houdain, acheva d’ô-ter à l’Armée ce qui lui restoit d’assûrance. Ces traits malins dévoientd'autant moins lui échapper, que fans s’en appercevoir il les démentlui-même. La description qu’il fait du camp de Lens prouve sensible-ment qu’on ne pouvoit y attendre sennemì sans s’exposer ; y rester , se-lon lui, c’étoit prêter le flanc à l’Armée d’Espagne. Pour la marche àHoudain , il dit qu’on ne pouvoit pas mieux faire le devoir d’un grand Pag. 76. &?Capitaine, que le fit le Maréchal dans le choix de ce poste. 79
A peine l’Armée Françoise étoit-elle rangée & en ordre , que les Les Espa-ennemis parurent. Dès qu’ils fleurent vû en bataille, ils s’arrêtèrent plus gnols décam-de trois heures, & tinrent un grand Conseil ; ils marchèrent ensuite & . lesse mirent en bataille à un demi quart de lieuë de Houdain. On ne d ou- B^ujp^tom. %.toit pas qu’ils n’attaquassent. 11s fe contentèrent d’avoir paru être en dis- pag. 78.position de le faire. Après être demeurés deux jours en présence, com- Là-O-, tom.me ils avoient fait au Quênoi, ils reprirent le chemin de Lens, d’où tgiat\ils allèrent camper auprès de Douai. On supposa à l’ordinaire , qu’il n’a- tom. t pag.volt pas tenu au Prince de Condé qu’on ne fe fût battu, & on lui fit ng.honneur d’une victoire, qu il n’auroit apparemment pas remportée; car f 0 ^ eme ’ apar les soins du Cardinal Mazarin l’Armée Françoise étoit alors telle,qu’elle avoit été au commencement de la Campagne ; elle étoit pourvûëd’équipages & d’artillerie, on avoit retiré des Places pour la renforcertout ce qu’il y avoit de vieilles troupes, & son Général n’étoit pas deces hommes qui ne savent ni vaincre ni disputer la victoire.