DE LOUIS XIV. L IV. XIX.
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dinal d’y consentir. La chose s’exécuta, fans que Tennemi parût s’y opposer. ■———On reita dans le Cambrelîs jusqu’au commencement de novembre. I6ç6.
Cette année, on pratiqua à l’égard de l’infanterie le nouvel ar- Turenne .rangement qu'on avoit pris Tannée précédente pour la cavalerie. On tom. j. pag,l’avoit distribuée dans les villages ; on la faisoit payer fur les tailles à Î0Uraison de vingt sols par jour pour chaque cavalier, y compris la nourri-ture de son cheval. Les Officiers avoient un certain nombre de places ;par-là on épargnoit la dépense des remises de Pargent, & il n’y avoitpoint de non-valeurs. Les cavaliers dispersés par les villages leur servoientde sauvegardes, & y dépensoîent une bonne partie de Pargent qu'ils entiroient. Les laboureurs avoient travaillé leurs terres avec plus d’assû-rance , & Ton avoit éprouvé qu’une partie des villages de Champagnes’étoient remis par cette nouvelle manière de distribuer les troupes. Onsuivit la même méthode pour Tinfanterie avec un succès pareil.
C e fût un bonheur pour la France, que la sagesse du Vicomte Mouvetnensde Turenne eût déconcerté les projets, que la déroute de Valencien- ciu Parlc 'nés avoit donné occasion de former à ses ennemis. Le Parlement avoit ment ’déjà commencé à s’en prévaloir. II donna un Arrêt qui attaquoit direc-tement le Conseil du Roi. 11 prétendoit, ou plûtót il ordonnoit, queles Maîtres des Requêtes seroient à l’avenir tenus des Arrêts du Con-seil, & qu'ils seroient obligés de venir en rendre raison lorsqu'il lesmanderoit. Les Maîtres des Requêtes députèrent aussitôt quelques-uns deleur Corps pour aller faire leurs plaintes au Roi, qui étoit pour lorsà le Fère. Gaumin porta la parole. Son discours fût trouvé beau, par-ce qu’il fût extrêmement hardi ; il attaqua le Parlement, & le traita fansaucun ménagement. II dit, que la France ne seroit jamais tranquille,que les Princes ne fussent fans pouvoir , les Réformés fans Places, & lesParlemens fans droit de faire des remontrances. II rappella le ressouve-nir des entreprises de cette Compagnie, & fit entendre, que son butsecret étoit d’anéantir Tautorité Roïale. Toute la Cour applaudit à cesinvectives ; la Reine sur-tout, qui ne pouvoit oublier les dangers aux-quels elle s’étoit vûë exposée,
Le dessus que reprirent alors les armes du Roi par le peu de vi-gueur des Espagnols, empêcha que le Parlement ne fût soutenu par lesennemis secrets du Cardinal, qui avoient dit fort haut qu’il y atoit ef-fectivement de grands désordres dans le Conseil ; que tout s’y faisoit parfaveur ou par argent, & qu’il étoit bien dur au Parlement de voir sesjugemens cassés avec aussi peu d’égard, qu’on en auroit pour le Tribu-nal le plus méprisable.
La réconciliation du Duc d’Orléans, qui se fit vers ce tems-là, LeDucd’Or-contribua encore infiniment à contenir Tesprit de faction & de cabale, léans se re-Ce Prince s’étoit retiré à Blois depuis la fin de mille six cent cinquante- montre à ladeux. II avoit exactement tenu la parole, qu’il avoit donnée de ne semêler dans aucune intrigue, & de renoncer à toutes les liaisons, qu’il tom.^pag,avoit eues avec les mécontens ; mais jamais il n’avoit voulu se raccom- 478 .
Tom. IL X x moder