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Tome second.
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HISTOIRE

I6s6.Montglat ,tom. 4. pag.

IIP.

Jrlontglat ,t»m. 4 f’ctg.

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moder avec le Ministre , & s’étoit interdit la Cour. Cette constancedésespéroit le Cardinal , qui pour son propre repos & pour celui del’Etat, avoit toutes sortes de raisons de souhaiter les bonnes grâces d’unfils de France, Oncle du Roi. II avoit gagné ceux qui étoient les mieuxauprès de ce Prince ; ils firent ce qu’ils purent, mais ils trouvèrent unerépugnance extrême. II étoit naturellement timide. Le Cardinal le sa-voit ; ill’attaqua par son foible. De tems en tems il faisoit courir lebruit , qu’on savoit qu’il étoit encore en intelligence avec le Prince deCon dé & les Espagnols , que le Roi pourroit bien un jour prendre larésolution d’aller à Blois pour s’assûrer de lui, ou pour le contraindre àsortir du Reïaume. Ces bruits surprirent étrangement le Duc d’Orleans,qui ne cherchoit qu’à vivre en repos, dont depuis fa retraite il goûtoitavec délice la douceur. Sa vie étoit rangée & exemplaire ; il étoit mê-me devenu dévot ; il ne joùoit plus ; il avoit ses heures de retraite Ade prières ; mais il aimoit encore le faste & l’air de splendeur dans le-quel il avoit toujours vécu. On l’attaqua encore de ce cóté-là ; on luiretrancha une partie de ses pensions.

Ceux qui étoient gagnés par le Cardinal lui réprésentèrent, que tantqu’il seroit mal avec lui il ne seroit jamais bien avec le Roi , & quepar conséquent il ne pourroit être tranquille. Ils le firent souvenir despersécutions qu’il avoit essuyées fous le Cardinal de Richelieu, qui, di-lòient-ils , n’avoit jamais été plus puissant que l’étoit alors le CardinalMazarin ; qu’après-tout il étoit heureux que celui-ci eût l’esprit plusdoux & moins violent que l’autre , qu’il oubliât volontiers les offenses,& que même il cherchât avec empressement ses bonnes grâces.

Ces discours , ces réprésentations ébranlèrent d’abord Gaston, & en-fin le persuadèrent. Dès que le Ministre en fût instruit , il fit les pré-mières démarches. II envoya Mancini son Neveu , le Duc d’Amville &l’Abbé Palluau son Maître de chambre ( c’étoit le frère du Maréchal deÇlerembault) pour témoigner à son Altesse Roïale la joïe qu’il avoitssêtre rentré dans ses bonnes grâces. L’Ambassade fût parfaitement bienreçue. Le Prince promit, que dans peu il iroit trouver le Roi. II exé-cuta fa promesse, & vint à la Fère vers la fin de juillet. II ne voulutpoint passer à Paris , pour faire voir qu’il n’avoit point d’autre but dansson voyage que de rendre ses respects à leurs Majestés. Louis quator-ze alla au-devant de lui à une demi-lieuë ; il lui donna toutes les mar-ques d’une vraie amitié ; il le prit dans son carosse , le présenta à laReine, qui le reçut d’une manière à lui persuader qu’elle le revoioitavec une vraïe satisfaction , & qu’elle avoit oublié tout ce qui s’étoitpassé. Le soir même le Cardinal Mazarin , qui étoit le principal objetde cette entrevue , le traita , & la réconciliation parut sincère. CePrince après avoir demeuré huit jours à la Cour , en partit plus affer-mi que jamais dans l’amour du repos & dans l’éloignement de í’intrigue.R passa par Paris. Les marques publiques que les habitans lui donnèrentde leur respect & de leur amour , ne purent le retenir que quelques

jours