DE LOUIS XIV. LIV. XIX.
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jours ; il se hâta de retourner dans fa chère solitude, & continua d’y vi-vre comme il avoit commencé, sans en sortir qu’une fois chaque annéepour assurer le Roi de fa fidélité.
Ce grand Prince, à qui la naissance tardive de Louis quatorze avoitlaissé fi longtems la qualité d’héritier présomptif de la Couronne, aïantplié sous l’autorité du Ministre, les autres Princes , les Grands, le Par-lement , & enfin toute la France ne pensèrent plus à lui résister ; & cefût alors qu’on peut dire qu’il triompha de tous ses ennemis. II réunitdans fa personne l’autorité du Roi & de la Reine, & se rendit le maî-tre de leurs volontés. II devint la feule idole des Courtisans, parce qu’ilfût Tunique Dispensateur des grâces. Peu à peu il éloigna du Roi & dela Reine tous ceux qui n’étoient pas de fa main. Sans prétendre faireson apologie, je ne puis m’empêcher de dire qu’il méritoit la confiancetotale qu’on avoit en lui ; il aimoit véritablement le Roi & l’Etat. Parrapport à la conduite des affaires, on n’avoit aucune faute essentielle àlui reprocher ; la guerre s’étoit toujours faite avec avantage jufqu’à laguerre civile ; dès qu’il en fût débarrassé, TEfpagne cessa de triompher.11 est vrai que le Vicomte de Turenne lui fûtd’un grand secours; mais,outre qu’il avoit fû reconnoître son mérite supérieur & se rattacher , iln’avoit manqué à rien de ce qui pouvoit contribuer à ses succès ; té-moin fa promptitude à réparer la perte qu’on avoit faite devant Valen-ciennes. L’Alliance avec Cromwel, les Ducs de Modène & de Man-toue détachés des Espagnols, la paix conservée dans Paris malgré les in-trigues du Cardinal de Retz, ne prouvent-ils pas qu’il étoit digne de laplace qu’il occupoit? Ses ennemis lui avoient reproché d’avoir prolon-gé la guerre ; on avoit même inséré cette accusation dans les Arrêts pro-noncés contre lui, comme le principal motif de fa condamnation. Le
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Mazariti pluspuissant quejamais.Montgìat ,tom. 4.pag.48 °*
peuple l’avoit cru en France, maisqué. On savoit, que TEfpagne vou
e reste de l’Europe s’en étoit moc-oit faire la paix avec autant d’avan-
tage que si elle avoit été victorieuse ; que l’espérance des divisions qu’elleprévoioit lui faifoient souhaiter la continuation de la guerre ; & quellesconditions n’eût-elle pas imposé , si on l’avoit recherchée tandis que lesoûlévement des peuples lui faisoit regarder la France comme une con-quête presqu’assurée ?
Apre' s-tout, il se pouvoit faire que dans les commencemens de sonadministration il íe fût montré trop difficile, & qu’il eût porté trophaut ses prétentions. Cette année il répara fa faute. Le Pape s’étoit in-téressé pour ce grand ouvrage ; il avoit même proposé des conférencesà Rome. On aima mieux traiter par soi-même. Mr. de Lionne fût rap-pellé d’Italie ; on Penvoya à Madrid. Ses pouvoirs furent trés amples,le Roi les écrivit de fa main en ces termes ; „ Je donne pouvoir au „Sieur de Lionne Conseiller en mon Conseil d’Etat, d’ajuster , con- „clure, & signer les articles du traité de paix entre moi & mon Frère „& Oncle le Roi d’Efpagne , & promets en foi & parole de Roi „d’approuver, ratifier , & exécuter tout ce que ledit Sieur de Lionne „
X x % aura
On offre lapaix à l’Espa-gne.
Histoire de lafaix des Py-renées , Colo-gne 1667.pag. 15.Quincy, tom.I. pag. 217. ;Mémoires deLionne.