348 HISTOIRE
. . „ aura accordé en mon nom en vertu du présent pouvoir. Fait à
1„ Compiègne , le premier juin mille six cent cinquante-fix
Comme la signature du Roi n’étoit point connue des Ministresd’Espagne , & que peut-être ils auroient fait difficulté d’entrer en négo-ciation , on avoit fait venir de Flandre un Gentilhomme, domestiquedu Comte de Fuenfaldagne, afin qu’il pût certifier que ce plein pouvoirétoit signé de la main du Roi. II fût remis en fa présence entre lesmains de Mr. de Lionne , & ce Prince dit au Gentilhomme ; Vous direzà votre Maître , que je fais cet homme-là mort Plénipotentiaire pour la paix ,G? que je souhaite avec passion de la voir promptement conclue , afin d'être enétat de donner au Bpi mon Oncle des marques de PaffeBion que je lui porte.Histoire de la L e s conférences furent longues & fréquentes. Dom Louis de 11a-Paix des Py- r0 premier Ministre du Roi Catholique, s’aheurta à sentier rétablisse-nnees. p. i . ment ( j u Prince de Condé. C’étoit peu, il exigeoit, qu’on souffrît quePEspagne récompensât ce Prince des services qu’il s’étoit efforcé de luirendre , par la concession de quelques Places fortes fur les frontières.Comme la Cour de Madrid répandoit de tous côtés, que le dessein dela France étoit d’entretenir toûjours la guerre, afin de s’aggrandir deplus en plus, & de donner la loi au reste de l’Europe, on rendit cet-te négociation publique. La rélation fupposoit, que les intérêts duPrince de Condé avoient été le seul obstacle à la paix. De Lionne ,qui en étoit apparemment l’Auteur, y rapportoit ce qu’il avoit dit plu-sieurs fois au Ministre d’Espagne ; Pajfez - moi ces trois mots , hors lesCharges & les Gouvernemens, G? la paix est faite. Mais ft vous ne levoulez pas , avouez du moins , que défi ce point-là seul qui P empêche , G? quevous ne pourrez jamais dire avec vérité U fans injustice , que le Cardinal Ma -zarin ne veuille pas la paix ; puisque fans s'arrêter à aucune formalité , il adisposé le Ppi son Maître à vous Penvoyer offrir jusques dans votre cabinet ,à des conditions fi équitables , que vous étés forcé de reconnoître, qu'ajoutantfeulement ces trois mots aux choses dont nous sommes convenus , la paix est arrê-tée 'G? lit guerre finie.
Ces conditions équitables, dont on parloit, étoient à-peu-près lesmêmes, qui furent acceptées trois ou quatre ans après. Tous ceux quisavoient penser en France & ailleurs, fans condamner le zèle de l’Ef-pagne pour le Prince de Condé, approuvèrent le refus qu’on fit de lasatisfaire à cet égard. On jugea qu’il ne convenoit en aucune manière ,& qu’il étoit d’une conséquence infinie , que ce Prince , après tous lesmaux qu’il avoit fait à la France, n’y rentrât pas triomphant, & pluspuissant encore qu’il n’en étoit sorti. Sans doute que la levée du siègede Valenciennes, qui arriva pendant les conférences, inspira à la Courde Madrid plus de hauteur qu’elle n’en devoit avoir.
Plaintes de Cette hauteur venoit encore des secours que l’Empereur Jui en-
contre G rEm- voyoit ; en dépit du traité de Munster , où il étoit expressément marqué,pereur. " qu’il s’obligeoit à garder une exacte neutralité, tandis que la guerre conti-nûeroit entre les deux Rois, & à ne secourir PEspagne ni directement,
ni