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Tome second.
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DE LOUIS XIV. L I V. XIX.

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ni indirectement. L’année dernière des Régimens entiers, qui avoientjoint le Marquis de Caracène, l’avoient mis en état de faire lever lesiège de Pavie. Celle-ci, le lendemain de l’affaire de Valenciennes ,deux mille Allemans joignirent Dom Juan d’Autriche. Des infractionsfì marquées donnèrent occasion de fe plaindre vivement. Le Marquis deVignacourt fût envoyé aux Electeurs, & autres Princes garants d u traité.II fût reçu & écouté favorablement par les Electeurs de Mayence & deCologne; ils promirent d’écrire à l’Empereur & aux autres Electeurs.On fit les mêmes plaintes au Duc de Bavière. On lui répréfenta qu’é-tant un des principaux garants du traité de Munster, il étoit obigé derefuser le passage aux troupes que f Empereur envoyoit aux Espagnols.Ce Prince répondit, que ces secours, dont on fe plaignoit, étoient peude chose. „ Quoi , p e u de chose! reprit Vignacourt, Il a passé plus de „trente mille hommes depuis la paix faite ,• cependant le Roi , mon Maître , „rien a pu tirer ni raison, ni réparation aucune. Ce n’efl pas tant du „nombre , qu’on se plaint , puisque Von n'a pas vu jusqu’ici de grands ex- „ploits de leur part , mais défi principalement de Vinobservation d!un traité „fi solemnel. On s’étonne , ajouta-t-il, que Vôtre Altesse Ele&orale , qui „a tant profité au traité de Munster , soit le prémier à y contrevenir , & à „laisser passer les troupes de Bohême par le haut Palatinat , que ce traité „lui a acquis

Vignacourt parla à l’Empereur avec la même fermeté. „ Le „J loi mon Maître , dit-il , ne s’étonne pas , que ceux qui ont fait tous leurs „efforts pour empêcher la conclusion de la paix , travaillent aujourd’hui à la „rompre par les insra&ions qu’ils suggèrent à vôtre Majesté ; & pour empê- „cher qu’elles ne fassent trop d’éclat , ils lui ont persuadé de faire semblant „de lìcentier me partie de ses troupes pour qu’elles passent à leur service cc . Ce 8troupes licentiées faifoient une Armée de neuf mille hommes de pied& de trois mille chevaux. L’Envoyé de France n’ayant rien gagné parses répréfentations, vint à bout de dissiper cette Armée. 11 engageaquelques Officiers à répandre le bruit parmi ces troupes, qu’elles neferaient pas plûtôt arrivées au passage du Tirol & des Grisons, qu’onréformeroit leurs bagages, qu’on chasserait les femmes & les enfans, &qu’on ne retiendrait que les soldats effectifs. Ce bruit répandu, certi-fié même par des billets, causa une révolte générale. Les révoltés chas-sèrent leurs Officiers, fe firent un Chef. L’Êmpereur fût obligé de fairemarcher de -nouvelles troupes pour ranger ces mutins à leur devoir; ilsse dissipèrent , & l’Empereur n’eût de cette marche, que le reproche& la honte d’avoir violé avec éclat un Traité aussi solemnel que celuide Munster.

Le Cardinal Mazarin ne s’en étoit pas tenu aux plaintes. Ils’étoitappliqué à gagner à la France quelques Membres puissans de 1 Empire ,& il y avoit réussi. Le vingt-quatre lévrier, on avoit signé à Konigsbergun traité d’Alliance avec Frédéric Guillaume Electeur de Brandebourg. Lepréambule nottoit directement l’Empereur. „ Ayant reconnu, difoít- „

X x 3 » on,

1 6ç6.

Rií-ncsuYt ,tom. 2. p. 9J.Histoire duCardinalMazarin ,tom. a. pag.413 .

Histoire duCardinalMazarin.tom. a. pag.4iî-

Habileté del’Envoyé deFrance enAllemagne.

Négociationsavec F Elec-teur de Bran-debourg.

Corps diplo-matique.