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Tome second.
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DE LOUIS XIV. LIV. XIX.

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L e vingt-cinq, la mine de Mercœur joua, elle fit une assez grande > ' ' hhpbrèche j on trouva la même résistance , & le logement ne íè fit

qu’au pied. Deux jours - après on donna un assaut à la brèche de

Modène. Le bastion fût emporté , mais on trouva un retranchementdans la gorge ; il fallut l’attaquer en forme. Les deux partis étoient fìproches, qu’ils fe battoient à coups de pierres & de grenades. Pourforcer ce dernier retranchement, le Duc de Modène fit monter parlabrèche au haut du bastion deux pièces de gros canon ; elles dominoienttoute la Ville, personne n’ôsoit paraître dans les ríies ; on battit ceretranchement, on en brisa les défenses, mais on ne pût en chasserl’ennemi.

Le siège duroit depuis plus de deux mois. On n’avoit plus de vi- Montgat,

vres que pour deux ou trois jours ; un grand convoi que le Duc de tmm. 4. ]>ag.

Mantoue envoïoit de Cazal étoit fur le point d arriver au camp. Les " 9 -Efpagnols le surent & marchèrent pour le surprendre. Le Duc de Mo-dène sortit de ses lignes, alla au-devant du convoi ; les Espagnols firentune contremarche & tournèrent droit aux lignes. Le Duc de Modèneen étant averti, & ne craignant plus pour son convoi, marcha à eux,

& les mit dans la nécessité de se battre ou de se retirer ; ils prirent ledernier parti. Ce succès, qui assûroit la prise de la Ville, n intimidapoint le Gouverneur. Pour i’obliger à se rendre, il fallut miner fous leretranchement de la gorge du bastion ; alors, ne voulant pas pousser lavaleur jusqu’à la férocité, il demanda à capituler. Quoique ce fût unpeu tard, & en quelque façon contre les règles d’une défense ordinai-re, charmé de fa valeur on lui accorda des conditions honorables. Lacapitulation fût signée le trois de septembre, après soixante & onzejours de tranchée ouverte. II fût conduit à Alexandrie avec le reste defa garnison.

Cette conquête fit grand bruit dans l’Europe. Elle répara avecusure la disgrâce qu’on avoit essuyée devant Valenciennes. On s’en ré-jouit en France autant qu’on s’en affligea en Espagne. Elle dût être fortsensible au Comte de Fuensaldagne, qui dès qu’il fût arrivé en Italie vitassiéger & prendre cette importante Place, sans pouvoir la secourir.

En Catalogne il ne se fit rien de considérable à cause de la foiblesse Campagnedes deux partis, qui avoient jetté toutes leurs forces en Flandre & enItalie. Le Marquis de Mortare commandoit l’Armée d’Efpagne; le Com- deux parti»te d’Estrades avoit commandé celle de France jusqu’à l’arrivée du Duc se tienne-1

de Caudale, destiné à épouser une des Nièces du Cardinal Mazarin. La ^ rla dcferN

Campagne se passa à prendre quelques Châteaux, & à chercher à vi- MÔntgiat ,vre les uns fur les autres. Quincy dit naïvement que le Duc de Canda- tom. 4. pàg.le observa exactement les ordres qu’il avoit de la Cour, d’empêcher que ' 1 [•les Espagnols ne fissent aucune conquête dans cette Province. ^pag’ztíf*"

La prise de Valence & de la Capelle avoient été les principaux évé- *’ e s ‘

nemens de cette Campagne, & méritoient qu’on en conservât le souve-nir. On fit paraître deux Médailles ; t la première réprésentoit la Fran- ^ y oïés

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