HISTOIRE
I6s6.
f VoiesN*. X 11 .
Méprifo d’unAuteur fortexact.
Entrée de laReine Chris-tine à Paris,Montglat ,tom. 4. pag.121.
Riencourt ,tom. r. p. y c».Montpcnjìer ,tom. 2.
/>«£■ 148.Motteville ,tom. 4. pag.4î9-f V oïésN’. XIII.
Tom. 4.44Ï-
Portrait decette Prin-cesse.
Motteville ,tom, 4. pag.
4 ? 2 -
ce le casque en tête, foulant aux pieds l’Efpagne renversée, & plantantsôn étendart sur un Bastion. La Légende, ValentiaadPadumvi capta, fait entendre, que cette conquête coûta de grands efforts.
L’autre est plus modeste. On y voit la Fortune , qui d’une maintient une corne d’abondance & de l’autre un gouvernail surmonté d’uneCouronne murale; la Légende , Fortuna redux, & TExergue,Capella capta, signifient que la prise de cette Place dédomma-geoit des mauvais succès qu’on avoit eus au commencement de cetteCampagne, f
L’Auteur des Mémoires Chronologiques n’avoit point vû cetteMédaille, 11 fait prendre la Capelle Tannée précédente , par Mr de Tu-renne en neuf jours à la vûë du Prince de Condé, qui, dit-il, venoitde lever le siège de St. Guislain. Sous cette année i6;6 , il place la prisede la Chapelle en sept jours. Comme la Chapelle & la Capelle étoientdeux différentes Places, c’ést fans doute la cause de fa méprise. CetAuteur est infiniment exact- & se picque de Têtre. Cette erreur est peut-être la seule où il soit tombé ; c’ést pourquoi j’ai cru devoir la remarquer.
On jugea à propos de mettre au rang des événemens considéra-bles Tarrivée de Christine Reine de Suède en France, & la réceptionmagnifique qu’on lui fit à Paris le huit de septembre. Plus de vingtmille bourgeois allèrent jusqu’à Confians pour la recevoir. Elle fit sonentrée à cheval. Le Gouverneur de Paris, le Prévôt des Marchands,les Echevins la complimentèrent à la porte de St. Antoine. On luiprésenta le Daiz, quelle ne voulut point accepter. Elle traversa toutela Ville au-milieu d’une foule innombrable de peuple, & se rendit àNotre-Dame, où l’on chanta le Te Deum. C’ést ce qu’on voulutréprésenter par une Médaille, f dont le Champ réprésente cette Prin-cesse à cheval. La Légende, Regina Suecorum in Urbem Ré-gie' excepta, exprime que sa réception sût digne d’Elle & du Mo-narque qui l’avoit ordonnée.
L a Politique eût grande part à cette magnificence, qui égala celle,dont on avoit usé à l’égard de l’Empereur Charles - quint fous Françoisprémier. Gustave, à qui elle avoit cédé fa Couronne, étoit un Princebelliqueux & entreprenant. On le craignoit, & on avoit intérêt de leménager. II avoit écrit au Cardinal Mazarin, & l’avoit prié de fairevoir en la personne de Christine la considération qu’on avoit en Francepour la Suède. On ne manqua en rien, & même on en fit trop, dumoins Madame de Motteville rapporte, que la Reine avoit été trop ci-vile en donnant la main à cette Princesse étrangère, & que le Roi de-venu plus grand lui reprocha plus d’une fois, qu’en cédant de la forteelle avoit manqué à ce qu’elle devoit à fa Naissance, & au rang distin-gué que lui donnoit la Couronne de France.
Sans cet appareil si pompeux, ce que la Renommée avoit publiéde Christine., ses manières, fa parure extraordinaire lui auroient attirétous les regards. Le Duc de Guise, que le Roi avoit envoyé pour la
rece-