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Tome troisieme.
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1662.Christine sedéclare pourle Pape.Desmaretz,Histoire, jpag.124,

Lettre deLouis qua-torze à cettePrincesse.Ib:dj>ag. 12;.Ibìd. Vrcu-ves>$ag. 99.

Artifices dela Cour deRome.

Jbid.Bifldre,

fag. i;6.

74 HISTOIRE

étoient décisives pour le fonds de la Cause, elles étoient d’un ftile à fai-re trembler le Pape & toute fa famille. #

Comme ces lettres de la Cour de France, ne laissoient aucun lieuà Christine de douter qu’on ne lui fût très mauvais gré , de la chaleur aveclaquelle elle s’étoit déclarée pour les Ministres du Pape, cette Princesseentreprit de justifier fa conduite. Elle avoit été si peu prudente, qu’elleavoir dit publiquement, que si le Pape abandonnoit le Cardinal impé-riali, elle lui reprocherait en face qu’il auroit fait une bassesse. Elle en-vola un Exprès avec une grande Apologie. On lui répondit d’unemanière à lui faire sentir qu’elle avoit été mal reçue; la réponse étoitcourte, mais des plus sèches.

„ Je luis fâché, lui disoit-on, que vôtre Majesté se soit mise en pei-„ ne de me dépêcher le Sieur d’Alibert pour un sujet qui ne méritoit„ pas de lui donner ce foin. Je fais qu’il est juste que les Personnes» de vôtre rang ne se contraignent jamais en rien. Ainsi aux occasions„ où vôtre Majesté voudra bien me donner des marques de son affec-„ tion , je les estimerai beaucoup , comme j’ai fait en celle-ci les civili-„ tés que le Sieur d’Alibert m’a faites de fa part. Aux occurences où„ d’autres intérêts lui seront plus chers que les miens, & plus consi-„ dérables, je ne me plaindrai que de ma mauvaise fortune, & 11’en„ serai pas moins véritablement &c

Pendant la négociation, dont on vient de parler,le Sieur Rasponiprésenta au Duc de Créqui un Bref du Pape, qui envoïoit en France leCardinal Chigi en qualité de Légat, & une Lettre de ce Cardinal ; il nevoulut point les recevoir que tous les autres articles ne fussent réglés. Onavoit envoyé des Duplicata du Bref & de la Lettre aux Ambassadeurs de Ve-nise & de Savoie à Paris. Peu s’en fallut que le Roi, irrité de ce procédé,ne refusât Audience à ces deux Ministres ; on la leur accorda pourtant, onreçut même les pièces qu’ils avoient à présenter ; mais on les examinaavec une extrême attention; persuadé, comme il n’étoit que trop vrai,que presque tout ce qui viendrait de de-là les Monts ferait suspect.

On fit remarquer au Prince, que le Pape, en lui envolant le Cardi-nal , songeoit moins à le satisfaire qu’à fe concilier le Public maî-infòrmé,à qui il vouloit faire croire qu’il n’omettoit rien pour satisfaire la France :qu'en envoyant ce Cardinal, il vouloit paraître le faire de lui-même &n’y avoir pas été obligé par les conditions de raccommodement ; qu’ilvouloit tirer la négociation des mains de l’Ainbassadeur & la suspendrejufqu’à l’arrivée du Légat ; qu’il vouloit arrêter les préparatifs qu’on pou-voit faire pour le contraindre à rendre la justice qu’il refufoit, l’hiver quiapprochoit pouvant servir de prétexte à différer le départ du Légat. En-fin , on soupçonnent que la Cour de Rome pouvoit avoir dessein de seprévaloir de l’autorité, que donne le caractère de Légat, pour surpren-dre la crédulité des peuples, fur-tout, celle des Ecclésiastiques, faire dedangereuses impressions dans leurs esprits, fous prétexte des intérêts dela Religion, & susciter mille embaras.

Ces