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Tome troisieme.
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DE LOUIS XIV. LIV. XXVIII. 207

renient la raison. Les autres vérités n’étant point absolument néces- „ —m—faires, Dieu ne nous a point laissé d’autorité infaillible pour les con- „ 166 f •

noître. Quand l’Eglise juge íì des propositions, ou des sens héréti- „ques font contenus dans. un Livre, & si un Auteur a eu un tel & un „tel sens, elle n’agit que par une lumière humaine, en quoi tous les „Théologiens conviennent qu’elle peut être surprise. Par-tant sa seule „autorité ne peut captiver nôtre entendement ; quoiqu’il soit vrai qu’il „ne soit pas permis de s’élever témérairement contre ses jugemens , „pour lesquels on doit témoigner son respect en demeurant dans le si- „ìence “. Les Evêques d’Angers, de Beauvais , de Pamiers copièrent motà mot ce qu’avoit dit l’Evêque d’Alet, ou en prirent le sens.

L’E v ê qu e de Noyon s’expliqua ausiì dans des termes qui paroissoient Histoire desfavoriser la distinction du droit & du fait ; mais il déclara par une Let- v. Proposi -tre écrite en Cour, qu’en bornant la soumission au regard des faits, il t ' ons 'avoit prétendu seulement exclure la Foi Divine, & non pas toute fou- * 14 'mission intérieure de jugement à la décision de ces faits. Ainsi dans lafuite il ne fût parlé que des quatre Evêques qui s’oppoíbient à la sous-cription pure & simple du Formulaire. Un Arrêt du Conseil cassa cesMandemens, comme contraires à la Déclaration du Roi & aux inten-tions de Sa Sainteté.

Cette opposition des quatre Prélats nuisit beaucoup à la paix de PE-glise ; il fallut du tems pour la surmonter. Dix-neuf autres dans la fui-te , fans rétracter ce qu’ils avoient fait en faveur des ConstitutionsApostoliques, prirent leur parti & entreprirent de les défendre. IIse fitune multitude prodigieuse d’Ecrits, où le Formulaire , & encore plusla signature qu’on exigeoit étoient extrêmement maltraités, où la dis-tinction du fait & du droit étoit jugée absolument nécessaire. On ver-ra la suite de ces mouvemens fous mille six cent íoixante-huit, oùils parurent finir.

D û t- o n me reprocher que je m’érige en Théologien fans l’étre, je ne Remarquespuis m’abstenir de faire quelques réflexions fur ces contestations, dont générales furje viens de donner PHistoire en abrégé. Je n’entrerai point dans le ces affaires,fonds de ce procès. J’avouë qu’il est tout-à-fait au-dessus de mes fos-siles lumières, & peut-être conviendra-t’on avec moi que la liberté del’homme est une des questions les plus difficiles à traiter & les plus in-compréhensibles. Je ne m’attacherai qu’à la manière dont il a été pour-suivi & soûtenu.

De s que le Livre de Jansénius parut, il fit du bruit. On en fit Pex-trait, & on prétendit que le système de cet Evêque furie Libre Arbitre& la Grâce se réduisait aux cinq fameuses propositions. Ainsi en atta-quant ces propositions, en les défendant , c’étoit le Livre même qu’onattaquoit & qu’on défendoit. Elles lui étoient rélatives, si je puis m’ex-primer de la forte, & tellement rélatives, qu’on n’en pourfuivoit &qu’on ne vouloit en empêcher la condamnation qu’en vûë de faire flé-trir ou approuver ce Livre; & c’est une chose infoûtenable & qu’on

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