HISTOIRE
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——— ne reprocherait pas au plus méprisable des Tribunaux, que d’avancer, queió'ôf. ces propositions , qu’on difoit contenir le système de l’Augustin d’Ypres,aïant été examinées à Rome fans aucun rapport à l’Ouvrage dont onprétendoit qu’elles étoient l’abrégé. Par-conséquent , en examinantleur Catholicité, ou leur Héréticité, c’étoit l’Héréticité & la Catholici-té du Livre qu’on examinoit & sur quoi on prétendoit prononcer.
Quand des plaideurs s’adressent à un Tribunal pour avoir la décisionde leurs différends , ils conviennent ordinairement du sujet de leur con-testation ; c’est d’une maison, d’une somme d’argent, de la réparationd’une injure dont il s’agit entr’eux ; c’est un ridicule qui n’est jamais ar-rivé , que de voir des plaideurs demander ou refuser une maison dontl’exiítence ne serait pas certaine.
LoRsouE les Jansénistes & leurs adversaires allèrent plaider à Rome,que prétendoient-ils ? Rien autre chose que la condamnation ou la justi-fication de la Doctrine de Jansénius. Ils convenoient donc de cetteDoctrine, & la décision qu’ils demandoient n’étoit pas pour savoir ceque Jansénius avoit pensé , mais* s’il avoit bien ou mal pensé ? La pre-mière question n’auroit pas été plus sensée & plus recevable que celled’un Particulier, qui s’adreíferoit sérieusement à ses Juges pour leur fairedécider quelle réparation mérite une injure qui n’auroit point été faite.
D’ailleurs la sentence de quelque Tribunal que ce puisse être , estune preuve sûre de la question qu’on y a agitée. On a qualifié à Rome lescinq propositions ; c’étoit donc de leur qualification, non de leur exis-tence qu’il avoit été question au procès. C’est-à-dire, qu’on ne s’étoitpoint adressé à Rome pour savoir si ces propositions avoient été en-seignées , par qui elles l’avoient été ; mais pour apprendre si ellesétoient vraies ou fausses, orthodoxes ou hétérodoxes.
I l n’est donc jamais arrivé, il est même impossible qu’il arrive, qu’unprocès réel n’ait qu’un objet imaginaire. Les plaideurs conviennent dusujet de leur démêlé , c’est une maison, une somme d’argent, ou uneinjure reçue ; le prémier soin des Juges est de s’en assurer ; c’est insul-ter au bon-sens , & supposer que les Juges & les plaideurs étoient in-sensés , que de prétendre qu’ils aïent emploie des années entières àcontester, à décider d’une maison qui n’existoit pas , de la réparationd’une injure qui n’avoit point été faite.
L a décision d’un procès suppose donc un fait certain & constaté. Sion a adjugé une maison, une somme d’argent, si on ordonne une répa-ration pour une injure , c’est une conséquence nécessaire que la maisonexiste , qu’il y a une injure de faite. De même , si on qualifie une pro-position , c’est une preuve sûre qu’elle existoit & qu’elle avoit été en-seignée, &, par une suite nécessaire, que le sens en étoit déterminé& avoit été compris.
Ce qui est vrai d’une proposition détachée & en elle-méme , l’est aussides propositions à quoi on aurait réduit la Doctrine d’un Livre. Le pré-mier loin des Juges est de s’assurer si les propositions existent, c’est-à-dire ,
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