Band 
Tome troisieme.
JPEG-Download
 

DE LOUIS XIV. LIV. XXIX. 219

■Pour les y engager & les y contraindre, ce n’étoit qu’intrigues & né-gociations , qui produiíòient chaque jour de nouvelles divisions. LesEspagnols, fous le nom de l’Evêque de Munster & de concert avec lesAnglois, entreprirent vers la fin de janvier de s’einparer de 'Willemstad,qui auroit entièrement coupé le Commerce entre la Hollande & la Zée-lande. Le Gouverneur des Païs-Bas Espagnols désavoua cette entre-prise ; la République s’en contenta. Cette tranquilité déplût extrême-ment à Louis quatorze, qui ne souhaitoit rien tant que de voir ces deuxPuissances devenir irréconciliables.

Il est étrange, écrivoit-il au Comte d’Estrades, que les Espagnols „fassent ouvertement des entreprises pour s’emparer des Places des „Etats les plus importantans, & . qu’on regarde un simple désaveu com- „me une conduite fort sincère contre ce que l’on voit & qu’on tou- „che au doigt ; & que d’un autre côté j'entre en rupture avec un Roi, „mon proche parent, pour le seul intérêt des Provinces-Unies, que je „leur envoie un secours de six mille hommes contre un Prince de PEm- „

1666 -Entreprisedes Espag-nols contreune Ville deHollande.Mémoires duComte d'Es-trades , tom.

?• 1;?'

On est mé-content dece qu’elle neprend pasfeu à cetteoccasion.

Ib. 1*7.

pire mon Allié, & que je retienne par ma considération d’autres Prin- „ces de les attaquer ; que je contribue de mes foins & de mon argent „pour engager des Rois & des Princes dans leur parti, & que des obli- „gâtions si importantes & si effectives ne puissent produire dans ces „

Provinces le gré que j en devois attendre, ni empêcher qu'on y décla- „me souvent plus contre la France que contre les Espagnols. D’où l’on „peut inférer, si tout cela se passe lorsqu’on a le plus besoin de moi, „ce que je pourrois me promettre de leur affection & de leur gratitude „quand je leur en demanderai des effets

Ces sujets de plaintes, & quantité d’autres raisons firent apparem- On continuement prendre la résolution de continuer de tout promettre par ra p- ^'^onc'

port à la jonction des Flottes fans rien exécuter ; du-moins il pa-rut que c’étoit - là la vraie intention, & toute l’Europe en fût per- Flottes,suadée.

Le vingt-fix février, on envoïa ordre au Comte d’Estrades de dé- ib. pag. 129.clarer aux Etats-Généraux que le Duc de Beaufort avoit reçu ordre dechercher la Flotte Angloise, qui étoit dans la Méditerranée & de la com-battre , & que, suivant l’état auquel seroient les vaisseaux après le com-bat , & ceux des Anglois, il en laisseroit plus ou moins dans la Médi-terranée , & viendroit avec le reste à Brest pour y joindre ceux qu’onavoit dans l’Océan.

On se servoit de ces promesses & on les faisoit extrêmement valoir On veut en-pour amener les Etats aux scntimens que l’on souhaitoit fur toutes cho-ses. „ Si dans la fuite, difoit le Comte d’Estrades au Pensionnaire, le „ tenirks p°re-Roi mon Maître avoit besoin des assistances de la Province de Hol- „ tentionslande pour avoir raison des droits de la Reine , & que cette Provin- „ <) u ’ ùn avoitce refusât d’agir en ce rencontre avec toute la reconnoissance qu’elle ,, [“Jlui doit, ce seroit une grande ingratitude à elle, que tous les siècles „ Flandre. Onlui reprocheroient Le Pensionnaire , qui dans l’union avec la France est refusé.

Ee 2 cher- Lb - j6 7-