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Ces procédés ont été la source des liaisons intimes que la Hollandeprit avec la Maison d’Autriche ; c’est pourquoi je les. ai rapportés endétail. Quoiqu’on ait pû dire pour les justifier, il a presque passé pourconstant qu’on avoit joué cette République , & que ses reíîentimens n’é-toient que trop bien fondés ; en France même on a pensé de la sorte. „ 11faut convenir , dit l’Auteur des Mémoires Chronologiques, qu’on „n’accusera certainement pas d’être Anti-François , il saut convenir „que nous ne leur fumes pas ( aux Hollandois ) d’un grand secours „fur mer. On arma dans nos Ports, mais les vaisseaux armés ne for- „tirent point, ou ne firent que se montrer. Quelques instances que „fissent les Hollandois pour la jonction , elle ne se fit point; le Duc „de Beaufort aïant toujours trouvé des prétextes pour l’éluder. Ce qui „fit dire dans les Provinces-Unies que Louis quatorze ne vouloit pas „plus de mal à l’Angleterre qu’à la Hollande, & qu’il étoit peut-être „bien-aise de voir ces deux Puissances s’affoiblir réciproquement & ,,consumer leurs forces
I l ne m’appartient pas de décider ce fameux procès, mais je croisque la vérité de l’histoire m’oblige de remarquer, que toutes les appa-rences favorisent le sentiment où étoient alors les Provinces-Unies. Laprémière année de guerre se passe sans qu’on leur donne aucun secours,quoiqu’on fût persuadé que les Anglois avoient tort. A la fin pourtant011 se détermine à leur envoler du secours contre l’Evêque de Munster,qui mettoit chez eux tout à feu & à sang. On avoit tout l’hiver pourpréparer, pour armer des vaisseaux, ils se trouvent prêts à la fin demars de cette année mille six cent soixante-six, & ils mettent effective-ment en mer pour passer dans l’Océan ; ils sont cinq mois à faire ce tra-jet , & arrivent à la Rochelle le vingt-troisième d’août. Malgré les or-dres, qu’on assure être des plus pressans , ils y restent trois semaines,au-lieu de trois jours , dont on avoit dit qu’ils avoient besoin pour serafraîchir & prendre des provisions, qu’on leur tenoit toutes prêtes. LesEtats-Généraux piqués de ces lenteurs, & jugeant désormais la jonc-tion inutile , prennent la résolution de faire rentrer leurs Flottes dansleurs Ports. C’est dans ces circonstances que la Flotte Françoise entredans la Manche & arrive à la Rade de Dieppe , le vingt-trois de sep-tembre. Elle y trouve des Couriers qui Invertissent de la résolutiondes Etats; on í’assûre faussement que leur Flotte est dans leurs Ports deZéelande ; fur le champ elle retourne d’ou elle étoit venue. Au mêmetems que la Cour de France a pris toutes ses mesures pour faire retour-ner promptement fa Flotte dans ses Ports, elle fait faire à la Haïe lesinstances les plus vives pour que celle des Etats aille à fa rencontre.On lavoit donc que l’ordre n’avoit point été exécuté ; car on n’ignoroitpas qu’une Flotte , qui est entrée dans ses Ports à dessein de désarmer,ne peut se remettre en mer aussi promptement qu’il eût été nécessaire'dans cette circonstance. On pourroit ajouter, que la Flotte Angloisene parut point tandis que celle de France se promena sur la Manche »
F f 2 &
1666 ,
Sous PaniS66.
Observation»sur cette af-faire.