HISTOIRE
1666.
f Voïez lcN°. XXX.
La Francefait des con-quêtes enAmérique sules Anglois.MémoiresHistoriquesU Chrono-logiques.
f Voïez leN°. XXXI.
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& qu’elle se montra sur les Côtes de Hollande dès que le Duc de Beau-fort eût repris la route de Brest. Les Anglois pourtant auroient piil’attaquer à leur avantage. Outre le nombre de leurs vaisseaux, qui étoitpresque le double , l'A mirai François avoit st peu d’expérience de PO-céan, qu’on étoit convenu, qu’au cas qu’il joignit les Hollandois, ilsmettroient fur son bord un de leurs Officiers les plus expérimentés. LeDannemark étoit en ce tems-là armé en faveur de la République ; félontoutes les apparences, une Flotte Danoise dans les mémes circonstancesque celle de France, n’en auroit pas été quitte pour la peur.
Du-moins quelques sincères que fussent les intentions de secourir ef-ficacément les Etats-Généraux, le peu de succès qu’elles eurent auroitdû empêcher qu’dn ne frappât la Médaille suivante, f
La France, sous la figure de Minerve, couvre la Hollande de foubouclier ; celle-ci paroît suppliante. La Légende, Religio foe-derum, l’Exergue , Batavis terra marique defensis, sig-nifient , que la France fidèle à P observation des traités , a secouru les Hol-landois par mer par terre.
L e discours des Académiciens qui accompagne cette Médaille, estaussi peu sincère & auffi peu exact. Le Hollandois disent ces 8a-„ vans, avoient perdu une grande bataille sur mer contre les Anglois,„ & en même teins l’Evêque de Munster avoit pénétré bien avant dans„ leur Païs. Ils eurent recours au Roi pour se tirer du péril dont ils„ étoient menacés. Sa Majesté, fans écouter les offres avantageuses„ de F Angle terre , leur envoïa de puissans secours , en exécution de„ son traité d’Alliance.
On agit pourtant cette année contre les Anglois, mais ce ne fût quepour son profit particulier, & sans qu’il en revint aux Hollandois aucun: avantage. L’Isle de St. Christophle , abondante en sucre, en tabac &autres marchandises , est une des Antilles située dans F Amérique Mé-ridionale. Les François & les Anglois s’y étoient établis en millesix cent vingt-six. Us convinrent de la posséder en commun. Pour sedélivrer des difficultés qu’ils avoient éprouvé, ils la partagèrent entr’euxégalement. Chacun joíiissoit paisiblement de fa moitié lorsque la guerrese déclara entre les deux Nations, & passa de FEurope en leurs Colo-nies. Le Gouverneur Anglois eût le prémier avis de la rupture, &voulut prévenir les François. Ceux-ci pénétrèrent son dessein, par sesmouvemens & ses préparatifs ; ils l’attaquèrent les premiers , le chassè-rent successivement de ses différens postes & se rendirent Maîtres del’Isle entière. Celui qui les commandoit se nommoit de Sales & étoitneveu de l’Evêque de Genève, qu’on venoit de canoniser.
O n saisit cette occasion pour frapper une Médaille, f On y voit unefemme vêtue à PAméricaine ; elle a à ses pieds un bouclier aux Armesd’Angleterre & s’appuïe fur F Ecu de France. La Légende , ColoniaFrancorum stabilixa, & FExergue ,Anglis ex ïnsulaSti. Christophori exturbatis, signifient , F affermissement dela Colonie Françoise , dam disk de St. Christophle par P expulsion des Anglois.