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DE LOUIS XIV. LIV. XXIX. 2Zl
La France toutefois ne fût pas absolument inutile aux Provinces-Unies. _
Outre les six mille hommes, qu’elle leur envoïa pour les aider à re- 1666.pouffer PEvêque de Munster, elle empêcha d’autres Princes d’Allemagnede les inquiéter. Car, comme c’est la coutume , tous ceux qui avoientquelque intérêt à démêler avec elles, vouloient fe prévaloir de la guerrequ’elles avoient avec l’Angleterre pour en obtenir de meilleures condi-tions. A ce service réel on en ajouta de plus importans encore. Allié Le g ìercdepuis fort longtems avec la Suède , uni avec le Dannemark plus étroi- tom. 3. 'tement qu’aucun de ses prédécesseurs ne Pavoit jamais été , Louis quator-ze fe servit de la considération que ces deux Rois avoient pour lui pour Mémoires dules détacher de l’Angleterre & les unir aux Etats-Généraux. On eût biende la peine à y réussir ; on y travailla toute l’année précédente & une tonupartie de celle - ci. Le Dannemark déclara la guerre aux Anglois, &s’engagea d’emploïer contr’eux une Flotte de trente vaisseaux de guerre,à condition qu’on lui fourniroit onze cent mille écus par an , dontcent mille furent paies par la France. Cette Flotte ne fit guères plus demal à la Grande-Brétagne que celle du Duc de Beaufort ; elle partageafeulement ses forces & son attention , diminua son commerce , augmentases dépenses & lui fit souhaiter la paix.
Pour la Suède, elle consentit à être neutre, malgré toutes les rai-sons qu’elle avoit, ou qu’elle prétendoit avoir de fe déclarer contre lesProvinces-Unies. Par-lk P Angleterre eût le chagrin de fe voir fans Al-liés & d’avoir fur les bras trois Puissances, dont deux , du-moins , fuffi-soient chacune pour occuper ses forces entières. Ces Alliances, à quoila France eût tant de part, ont été des plus solides ; depuis ce tems-là.les Danois, les Suédois ont été constamment attachés aux Etats - Géné-raux , fans prefqu’avoir jamais balancé à se déclarer en leur faveur, con-tre quiconque les a attaqués.
Dans cette situation , ceux qui faisoient la guerre & ceux qui Pa- On pense »voient déclarée souhaitoient également la paix. Les Anglois étoient re- a paix *venus de leur fierté & de Pefpèce de mépris qu’ils faisoient de leurs enne-mis. Les pertes qu’ils avoient faites , la peine qu’ils avoient eu à vaincre ,la fécondité inépuisable des Provinces-Unies à mettre fur pied de nouvel-les Flottes, leur faisoient sentir ce qu’ils auroient eu à craindre si la Fran-ce & le Dannemark eussent agi contr’eux avec la même vigueur.
Les Hollandois, contens de la gloire qu’ils avoient acquise , & de lagrande idée qu’ils avoient donnée de leur puissance , de leur fermeté , &des ressources continuelles qu’ils trouvoient dans l’affection de leurs peu-ples , souhaitoient la fin d’une guerre , dont le sujet, au fonds, n’eûtété que leger, si de part & d’autre on ne fe fût pas fait un point d’hon-neur de ne pas céder. II n’y avoit point entr’eux & les Anglois d’i-nimitié enracinée & d’intéréts essentiels à démêler , comme il y enavoit en ces tems-là entre les Maisons d’Autriche & de Bourbon. ,
Le Roi très-Chrêtien avoit des desseins qui ne s’accordoient point-du- ío e )mtout avec la guerre où il étoit entré, & qu’il ne faisoit que par manière ^ 6 .
d’acquit.