2Z4
HISTOIRE
1666 .
Le Roi d’i\n-gleterre s’a-doucit.MémoiresJìijioriquesb Chrono-logiques.
Soupçonscontre laFrance.
On s’efforcede les dé-truire.
Le Clerc, tom.1 - pag. 169.D’Èfîrades ,tom, j. pag.
Sîi-
,) tentiaires pour traiter; fans quoi, tout ce que l’on pourra tenter,„ auffi-bien que toutes les protestations que l’on pourra faire seront in-„ utiles, vû que nous demeurerons fermes & inébranlables dans lester-„ mes de la résolution, que nous avons prise de ne nous séparer jamais„ en aucune façon de nos Alliés, & de ne prêter jamais l’oreille à ce„ qui pourroit tendre au contraire, directement ou indirectement ; com-„ me nous sommes très assurés de la même résolution & constance de„ leur part “.
Q.uelq.u’e'loigne' qu’on parût être, on pensoit sérieusement àse réconcilier. Charles second y étoit presqu’indispensablement obligé.L’embrasement de la Ville de Londres avoit éteint l’ardeur de ses sujetspour la guerre ; cet accident arriva le douze de septembre. Le feu com-mença par la Tour & se répandit plus d’une grande demi-lieuë le long dela Tamise. II dura quatre jours fans qu’on pût l’arrêter. II consuma qua-tre-vingt-neuf Eglises Paroissiales & treize mille deux cent maisons. CePrince consentit à traiter avec tous ses ennemis, & les Etats-Générauxlui aïant fait dire que s’ils étoient seuls ils ne feroient aucune difficultéd’envoïer leurs Ministres à Londres, ou en tel autre lieu qu’il lui plai-roit de choisir, il consentit au choix d’une Ville neutre qui fût au gré desdeux Rois leurs Alliés.
C e ne fût pourtant qu’après avoir mis tout en œuvre pour les dé-sunir & pour les mettre en défiance ; & la France étoit particulièrementl’objet des bruits qu’on ne ceflòit de répandre, afin de rendre fa sincéri-té aussi suspecte dans les négociations de la paix, qu’elle l’avoit étédans les opérations de la guerre. Ces bruits trouvoient créance dansles Provinces - Unies, & ce n’étoit qu’à force de protestations qu’onvenoit à bout de les rassûrer. „ Si j’avois été capable de faire un ac-„ commodément séparé avec le Roi d’Angleterre, écrivoit Louis qua-„ torze, le vingt-quatre décembre, je me serois bien gardé d’écrire„ aux Etats-Généraux pour leur donner ma parole Roïale qu’ils n’au-„ roient jamais rien à craindre de moi de ce côté-là. Je ne íaurois ex-,3 primer assez l’indignation que je conçois, de voir que le moindre bil-„ let, que quelque méchant donneur d’avis s’avise d’écrire, cause des,3 fraïeurs & des allarmes dans les Provinces-Unies. Je ne crois pas que,3 le Sieur de Wit, ni les principaux de l’Etat me fassent ce tort d’a-„ voir la moindre crainte ou ombrage d’une pareille chose. II n’y a„ qu’à considérer la boutique où se fabriquent ces sortes de machines„ pour nous diviser, & que c’est à Londres, ou à Bruxelles; & à dire„ vrai, nous serions bien imprudens si nous tombions dans ces pièges-„ là. Pour moi, je n’y donnerai jamais de lieu, & il me semble que,j les circonspections que j’apporte à ma conduite vont julqu’au scrupu-„ le. Je ne fais que leur dire , après leur avoir donné & si souvent con-„ firmé ma parole Roïale ; mais si en y engageant vôtre honneur & vô-„ tre propre vie, & offrant pour cela de vous dépouiller de tout carac-„ tère d’Ambassadeur & de mon Ministre, en cas qu’ils volent jamais
que