DE LOUIS XIV. LIV. XXIX. 2Zs
que je rentre en paix & en aucune amitié avec le Roi d’Angleterre „que conjointement avec l’Etat des Provinces-Unies & le Roi de Dan- „nemark, ces expressions & ces offres pouvoient ajouter auprès des „peuples quelque chose à ma parole , vous le pourrez faire avec „toute assurance de ne rien hazarder. Cependant s’ils veulent s’infor- „
mer de ce qui se fait par mes ordres à Brest & à la Rochelle, ils w
connoítront bien que je n’ai d’autre pensée que la continuation de cette „guerre, si on ne peut obtenir une bonne & sûre paix “.
A ces protestations on ajoutoit tous les procédés capables de con-vaincre ces peuples d’un sincère & solide attachement. On s’intéroiffoit ktoutes leurs affaires ; on voulut à toute force assurer leur commerce. Ondonna ordre au Comte d’Estrades de voir si la Zéelande seroit en état d’en-tretenir dans la Manche une Escadre pour en assurer le passage, & d'assurercette Province qu’on y contribueroit de sa part en fournissant douze
bons vaisseaux, qu’on entretiendrait pendant tout l’hiver. „ On est „
étonné, ajoutoit la même dépêche , pour quelle raison les Etats faisant „un si grand effort pour donner au Roi de Dannemarlt de-quoi entre- Mtenir quarante vaisseaux pour garder la mer depuis la pointe de l'Ecosse „jusques dans le Sond, peuvent se résoudre de lui refuser deux cent „mille livres pour qu’il joigne à leur Flotte vingt bons vaisseaux, ce qui „pourrait donner lieu de finir promptement la guerre
L e Roi apprend, disoit Mr. de Lionne dans une de ses Lettres „du dix-neuvième novembre, que le Sieur de Wit a la pensée & peut- „être le désir de monter encore sur la Flotte, lorsqu’elie se remettra à „la mer. Je vous ai souvent entretenu de la nécessité qu’a la Cause „commune que ledit de Wit ne quitte plus le timon des affaires à la „Haïe; mais il y a encore en cela une autre considération plus forte, „qui est que l’on n’expose pas fa personne aux dangers ; le Roi étant „persuadé, & avec raison, que quand même on gagnerait la bataille „par ses foins, s’il nous en coûtoit une vie si nécessaire, la Cause „commune aurait plus perdu que gagné. C’est pourquoi Sa Majesté „désire , que par avance vous détourniez ledit de Wit de cette pensée , „& que vous tiriez parole de lui qu’il ne l’exécutera pas. Mais à toute „extrémité, si vos remontrances ne suffifoient pas, vous lui déclarerez „que vous avez ordre de vous y opposer auprès des Etats, comme en „effet vous le ferez s’il est nécessaire. 11 y aura assez de personnes dans l’E- „tat, si-non aussi capables, du-moins qui pourront suffire à soutenir le *,même emploi. Et en même tems que Sa Majesté n’y peut consentir „pour la personne dudit de Wit, elle ne laisse pas de juger qu’il peut être „tort utile qu’il y ait des Députés des Etats fur la Flotte ".
Quoiqjj’on fût extrêmement offensé de la résolution qu’avoientprises la plûpart des Villes d’Hollande de ne pas joindre leur Flotte àcelle de France , ou en cas de jonction de ne point baisser leur Pavillon,on dissimula son ressentiment, & on fit les plus fortes instances pour con-certer cette jonction. Ces Villes assoient pourtant contre l’article douziè-
Gg % me
1 666 *
D'Estrades ,tom, ;. pag.471 *
Ib. pag.
Le Clerc,tom.Z. pag. ló£.
Les Hollan-dois font denouvellesAl-liances & necomptentplus fur laFrance.