HISTOIRE
2Z6
1666.Le Clerc,t ont.3. pag. 167Jì’EJÌrades ,tom. 3. pag493-
Corps "Diplo-matique ,■Pa»v. 3. pag.Ï22,
Inquiétude àce sujet.
D’EJÌrades ,
3, pag.
4Li-
J£. 4y6.
me du traité de mille six cent cinquante-trois, à l’observation duquel el-les avoient consenti au mois de mai de cette même année. Cet article. portoit expressément, qu’au cas que les Escadres vinssent à réassembler , l’A-miral des Etats abaisseroit son Pavillon à sabord de l’Amiral de France &se salúeroit de son canon, comme il en avoit été usé lorsque les Flottes duRoi de la Grande-Brétagne & celles des Etats avoient été jointes.
Ces attentions, ces complaisances n’étoient point du génie François,bien moins encore de celui de Louis quatorze ; de grands intérêts en étoientla source. Au mois d’octobre il s’étoit fait un traité de ligue défensive en-tre le Roi de Dannemark, les Provinces-Unies, l’Electeur de Brandebourg& les Ducs de Brunswick. Le Comte d’Estrades s’y étoit opposé de toutson pouvoir ; mais la Ville d’Amsterdam & toute la Nord-Hollande l’a-voient emporté fur ses oppositions ; croïant que la sûreté de leur com-merce dans le Nord demandoit qu’ils se précautionassent contre les en-treprises de la Suède, qui actuellement aflìégeoit Brèmen.
On sentit en France les suites de ce traité, &on en démêla les mo-tifs. „ Je considère, écrivoit-on au Comte d’Estrades, que peut-être„ jamais affaire ne s’est conclue qui puisse dans la fuite me devenir plus„ préjudiciable, si les pensées que prendra là-dessus la Maison d’Autri-„ che réûssissoient. Car voilà un traité de ligue défensive tout formé„ pour le soutien des Princes qui y entreront. Je vois d’ailleurs que„ l’on convie chacun d’y entrer, jusqu’au Roi de Suède même, contre„ lequel principalement il s’est fait. Je fais qu’on a déjà fait des dé-„ marches pour y faire entrer l’Espagne & l’Empereur. Voilà donc„ cette pierre d’attente prête à mettre en oeuvre à savantage des Espag-„ nols, toutefoisquantes que les Etats voudront. Je crois bien„ que dans ces tems-ci, la chose n’est pas à craindre; mais quand les„ Etats verront une rupture imminente entre la France & l’Espagne,„ qui peut être du soir au lendemain, il n’y aura qu'à recevoir le„ Roi d’Espagne dans le traité ; & je fuis bien trompé si le Sieur de„ Wit, qui porte bien loin ses vûës, n'a autant visé a cela qu'à Paffaire„ de Brèmen, qui ne requérait pas un si grand amas de forces, pou-„ vant d’ailleurs pour y rémédier laisser agir l’Empire, qui y prenoit un„ assez grand intérêt.
„ Tout ce que je vous en mande ne doit pas vous obliger à dire„ un seul mot au Sieur de Wit, qui lui fasse connoítre que je me suis„ apperçu qu’il puisse avoir eu la visée que je viens de dire ; mais vous„ devez seulement être toûjours alerte, pour empêcher que ni l’Em-pereur, ni le Roi d’Espagne ne soient reçus dans cette ligue ; vous„ abstenant même de faire aucune menace, mais témoignant au Sieur„ de Nssit que je me confie entièrement en son affection, & qu’il em-„ pêchera le coup, s’ils vouloient le tenter. Rien aujourd’hui n’est„ plus important pour mes intérêts, disoit-on dans une autre dépêche,
„ que de détruire l’effet des cabales qui se feront en faveur de la Maison>, d’Autriche. Je pourrais dire encore que rien aussi n’est peut-être plus
, impor-