2Z8
HISTOIRE
1666.B'EJirades ,tom. pag.
ÇQ2.
ta France &la Hollandeagissent d’ungrand con-cert.
Le Clerc ,tom. j. pag.166.
La Frances’unit de plusen plus avecle Portugal.
MoKípeftfìer ,tom. pag.24J.
leurs Alliés. Le Comte d’Estrades eût ordre de déclarer positivement,qu’on ne consentirait jamais à la démarche que les Etats avoient proposée,& qu’il salloit que le Sieur de Wit révoquât ce qu’il pouvoit avoir dit là-dessus, aussi-bien que par rapport au lieu de traiter la paix , qu’on nesouffrirait pas non plus être choisi dans la Domination d’Espagne.
L e Comte d’Estrades exécuta ses ordres. Le Pensionnaire se justifiaaux dépens de l’Ambaffadeur de Sùfède , & nia positivement lui avoirrien dit de ce qu’il avoit écrit. II fit même venir le Secrétaire de cetAmbassadeur , & lui dit , qu’il ne traiterait plus avec son Maître, àmoins qu’il ne lui communiquât les Lettres qu’il écrirait fur les matièresdont ils auraient parlé ensemble , puisqu’il avoit écrit contre la véritéde ce qui s’étoit passé entr’eux.
Ces semences de division n’eurent point de suites; de part & d’au-tre on se prépara sérieusement à la guerre. Les Hollandois ne négligèrentrien pour que leur Flotte fût de bonne heure en mer, & avant celle desAnglois. Les Amirautés demandèrent quinze millions , qui leur furentaccordés. La Ville d’Amsterdam feule offrit d’en avancer dix; son offrene fût point acceptée ; les autres Villes fe piquèrent d’émulation , & offri-rent de païer leur quote-part dès qu’on en aurait besoin.
O n faisoit la même chose en France , du-moins on tirait de Hollan-de le plus de matériaux & de munitions qu’on pouvoit, pour construire &équiper des vaisseaux'. L’Amirauté d’Amsterdam en faisoit même bâtir unassez bon nombre pour cette Couronne , & les Etats permirent qu’on le-vât chez eux des matelots pour les conduire. Enfin le concertétoit parfait; on se communiquoit toutes les propositions de l'ennemi;on fe découvrait mutuellement les pièges qu’il tendoit. En Hollandeon y procédoit si sérieusement, qu’on fit trancher la tête à un nomméde Buat. La sentence portoit, que c’étoit pour avoir voulu traiter de lapaix avec l’Angleterre sans la participation de la France. On en bannit,on en emprisonna d’autres, qui s’y étoient retirés, ou qui y avoient en-tretenu des rapports. Cette conduite concertée fit enfin comprendreà Charles second qu’il travailloit envahi à diviser ces deux Puissances, &que le plus sûr étoit de se déterminer à traiter sincèrement la paix.
Le soin de se conserver l’amitié des Etats, fans pourtant rien fairequi choquât le Roi d’Angleterre , avoit pour prémier principe l’enviede n’être point troublé dans la guerre qu’on méditoit contre l’Espagne.Pour la faire avec plus de succès, du-moins pour inquiéter d’avantagecette Couronne , on s’attacha par de nouveaux liens au Roi de Portugal.N’aïant pû vaincre supposition de Mademoiselle de Montpensier àépouser ce Prince, on lui fit épouser Mademoiselle d’Aumale fille dufeu Duc de Nemours, tué en Duel par le Duc de Beaufort son Beau-frère. Cette Princesse, plus ambitieuse, ou moins délicate que Made-moiselle de Montpensier, ne refusa point un trône qui devoit l’unir à un,époux qui n’avoit presque rien d’humain que la figure. Ce fût à la con-duire que son Oncle le Duc de Beaufort occupa la Flotte qu’il çoniman-
doit,