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Tome troisieme.
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DE LOUIS XIV. LIV. XXIX. 239

doit, & que les Hollandois attendirent inutilement pendant toute laCampagne.

Cette Princesse étoit de la Maison de Savoïe, dont une branche s’étoitétablie en France du tems de François premier. Cette branche s’étoitéteinte par la mort de PArchevêque de Reims, qui n’étant pas engagédans les Ordres sacrés lorsque le Duc de Nemours son frère fût tué,quitta ce riche Bénéfice pour épouser Mademoiselle de Longueville , fil-le du prémier lit du Duc de ce nom ; il la laissa veuve sans enfans un anou deux après son mariage.

Mademoiselle d’Aumale eût un sort plus heureux qu’elle n’avoitcru ; non-seulement elle fût Reine , mais elle eût un Epoux digne d’elle, &n’eût point à envier la condition de fa sœur aînée , qui l’année précéden-te avoit épousé le Duc de Savoïe. Après avoir porté jusqu’au com-mencement de mille six cent soixante-huit le vain titre d'Epouíè d’Alphon-se, conseillée sans doute par lesOrands de fa Cour, elle quitta secrette-ment son Palais & se retira dans un Couvent. Aussitôt elle lui écri-vit un billet. Elle lui marquoit qu’elle avoit quitté fa Patrie, ses Parens,vendu son bien pour venir être fa compagne & contibiier autant qu’el-le le pourroit à fa satisfaction ; qu’elle avoit un vrai déplaisir de n’yavoir pû réussir; que pressée par la conscience elle vouloit retourneren France , & supplioit Sa Majesté de vouloir lui faire rendre sa dote,puisqu’il ne pouvoit ignorer qu’elle n’étoit point sa femme.

Ces raisons de conscience étoient fondées, fur ce qu’Alphonse, in-capable d’avoir des enfans, pour cacher à ses peuples son impuissance,avoit pris des mesures pour prostituer son Epouse à un de ses favoris.Elle l’avoit fû, & c’est ce qui l’avoit déterminée à rompre d’une manié*re fí éclatante.

C e Prince courut tout furieux à la porte du Couvent. On lui refusade l’ouvrir ; on Palloit mettre en pièces par ses ordres, lorsque Plissantson frère arriva. A force de prières & de représentations il l’obligea deretourner au Palais. La Reine publia & prouva le sujet de sa retraite.Les Grands & le Peuple également indignés d’un projet fi monstrueux,profitèrent de cette occasion pour se défaire d’un Roi de ce caractère ;on commença par lui donner sa Chambre pour prison. Aussi timideque méchant, il cessa d’être furieux aussitôt qu’on eût cessé de le traiteren Roi ; il donna sur le champ son abdication en faveur de Dom Pèdreson frère ; il fût confiné aux Isles Tercères.

L a Princesse s’étoit fait estimer. Donnée par la main de la France,dont la protection & les secours étoient absolument nécessaires contreles Espagnols, le premier soin du Conseil fût de la retenir & de lui pro-poser Dom Pèdre ; elle y consentit. Son mariage étoit nul ; mais il fal-loit une dispense pour contracter celui dont il étoit question. Les Es-pagnols aïant pris les devans à Rome, Tassasse y auroit traîné longtems ;heureusement le Cardinal Louis de Vendôme son Oncle étoit alors enFrance avec la qualité de Légat, qui donnoit droit de dispenser de ces

sortes

1666»

Etat des af-faires de cet-te dernièreCouronne.Montpenfìer ,tom. ç.pag.

24 b

MémoiresHilloriquetN Chrono-logiques.Ibid.sous ían1667.