1666.
MémoiresHistoriquesN Chrono-logiques,soits l’an1667.
Ibid.
Divers Eta-b lisse me n sglorieux &utiles.
Vie de Col-bert , pag.100. Êfc.
D’ Estrades ,íc»i. I. pag.V7-
sortes d’empêchemens en France & dans les Païs voisins. II usa de sondroit ; le mariage d'Alphonse fût déclaré nul à Lisbonne, & Mademoi-selle d’Aumale épousa Dom Pèdre. Elle continua de porter le titre deReine, quoique son nouvel époux eût jugé à propos de se contenter decelui de Régent du Roïaume.
L’Espagne & ses partisans crièrent fort à Rome contre la dispense,& contre le mariage qui l’avoit suivi. Ils prétendoient que l’affaire étoitune de ces Causes Majeures réservées de droit au St. Siège, & que le Lé-gat , auffi-bien que le Chapitre de Lisbonne avoient passé leurs pouvoirs.Clément neuf, qui venoit de succéder à Alexandre sept , plus attachéà la France que son Prédécesseur, confirma tout ce qui s’étoit fait.
C e changement de Maître fût suivi de la paix avec l’Espagne ; ellefût conclue quelques mois après. Le Portugal fût reconnu pour indé-pendant, & on se rendit de part & d’autre les Villes dont on s’étoitemparé. C’est ainsi que la protection & les secours de la France, dansl’espace de vingt ans, forcèrent la Maison d’Autriche à reconnoîtrepour Souverains & indépendans deux Peuples qu’elle comptoit parmiles sujets.
L a guerre qu’on méditoit, celle qu’on faisoit actuellement ne suspen-dirent point l’exécution des projets qu’on avoit formés pour rendre ceRègne éclatant. On accorda des gratifications considérables aux Gensde Lettres, & à tous ceux qui excelloient dans les beaux-Arts. On nepeut trop savoir de gré à Monsieur Colbert d’avoir inspiré cette espè-ce de paillon à son Maître. Le bien qu’il a fait par-là, mérite qu’on ou-blie & qu’on lui pardonne les mauvaises voies, dont Monsieur Fou-quet l’a accusé & presque convaincu de s’être servi pour s’élever furses ruines.
Cette estime des Sciences & des Arts est le plus beau trait du carac-tère de Louis quatorze. On ne peut dire combien l’envie de lui plaireservit à les perfectionner, & quelle émulation elle excita parmi ceuxqui pouvoient y exceller ; d’autant plus que cette estime étoit accom-pagnée de bienfaits réels, qui se répandoient jusques fur les Etrangerspour les attirer en France, du-moins pour avoir la gloire de récompen-ser un mérite oublié par ceux qui auroient dû le reconnoître. Tous sesAmbassadeurs avoient ordre de s’informer exactement ne tous les hom-mes de mérite qui se trouvoient dans les Païs de leur Ambassade, & delui en rendre compte. „ Je finis cette dépêche, écrivoit-il au Comte„ d’Estrades, par un ordre, à l’exécution. duquel vous me ferez plaisir„ d’apporter grande application. Prenez soin de vous enquérir, fans„ qu’il paroisse que je vous aïe écrit, mais comme par vôtre simple„ curiosité. quelles sont dans toute l’étenduë des Provinces - Unies, &„ même dans les autres des Païs-Bas de la Domination du Roi d’Ef-„ pagne, les personnes les plus insignes & qui excellent notablement„ par-dessus les autres en tout genre de professons & de sciences, &„ de m’en envoïer une liste bien exacte, contenant les circonstances de
leur