Band 
Tome troisieme.
JPEG-Download
 

DE LOUIS XIV. LIV. XXIX. 245

& les cordages, & tout ce qui est nécessaire à l’équipement d’un vais- ;seau. On y fonda diverses Ecoles, où d’habiles Maîtres enseignoientla Sphère, la Géographie, l’Hydrographie®, la Navigation & la Ma-nœuvre. Les armemens s’y font avec la plus grande facilité, parce quela profondeur de la rivière donne moïen de charger les vaisseaux dedessus le Port même. C’est. d’où partent ordinairement les Escadres quivont aux Isles de l’Amérique & en Canada, soit pour escorter les naviresmarchands de la Rochelle, soit pour porter aux Colonies Françoises lessecours dont elles ont besoin.

Cette Ville bâtie, ce Port, les Etablissemens qui les accompagnoientcoûtèrent des sommes immenses. On a accusé Mr. Colbert d’avoir cher-ché en cette rencontre à augmenter les revenus d’une Terre qu’il avoit ences quartiers. On a prétendu, que fur cette Côte il étoit des endroitsbien plus commodes pour faire ce qu’on avoit à Rochefort, où la naturedu terrein auroit épargné la plus grande partie de la dépense. Ce qui estde certain, c’est que des vaisseaux ne peuvent rester longtems dans lePort de Rochefort fans être extrêmement endommagés parles vers, quela Charante produit en abondance.

C’est pour les grandes entreprises &les grands événemens que sontfaites les Médailles. On ne manqua pas d’en graver deux à l’occaflon deces deux nouveaux Etablissemens. Dans la prémière, f on volt le plandu Port & des môles de Sette. La Légende, Port us Setius, sig-nifie , le Port de Sette , l’Exergue marque la date.

Dans la seconde, f on voit le plan du Port, de la Ville &del’Ar-senal de Rochefort. Neptune sur son char au-milieu de la Charante paroîtprésider aux travaux. La Légende, Urbe et Navali fundatis,& l’Exergue, Rupifortium M. DC. LXV 1 . signifient, que cette annéeon jet ta les fondement de Rochefort àe son Arsenal.

Dans la suite on fit à Toulon & à Brest les mêmes Etablissemensqu’on avoit fait à Rochefort. Pour former de bons Officiers & de bonsPilotes j on envoïa à ces Ecoles la jeunesse qui se destinoit à servir surmer ; on en fit des espèces de Compagnies sous le nom de Gardes Ma-rines , & on régla qu’on ne pourroit avoir de commandement fur aucunvaisseau qu’on n’eût passé avec distinction par cette espèce de Noviciat.Comme la connoissance des Mathématiques en général peut beaucoupcontribuer à former de bons Officiers de terre, on fonda dans la plupartdes Universités des Professeurs de cette Science, qui devenant ainsi pluscommune , a donné quantité d’Ingénieurs, si rares auparavant, outre fu-tilité qu’on en a tiré par la perfection des Arts.

Rien n’étoit plus digne d’un grand Roi que ces entreprises & cesEtablissemens, parce que rien n’étoit plus utile à la félicité de ses peuples.On verra Louis quatorze persévérer dans ce goût, & le porter auffiloin qu’aucun Potentat ait jamais fait; mais l’amour de ses sujets n’enétoit pas le seul principe ; il avoit en vûë sa propre gloire, & comme illa chercha par la guerre & par les conquêtes, ce goût, qui l’auroit ren-

Hh 2 du

1666 .

Voïez leNT.XXXV.

f Voïez leN°. XXXVI.

L’amour dela gloire ca.ractère parti-culier deLouis qua-torze.