DE LOUIS XIV. LIV. XXIX. 24 s
engager avec les Hollandois dans une garantie, que l’Angleterre ne „ > m, > >
peut souffrir sans préjudice. Nais de la hauteur qu’il l’apris, je crois „ i666*
que la première choie que je ferai, fera d'entrer dans rengagement „
fur lequel je vois qu’on me menace. Je vois des inconvénìens qui „
en peuvent arriver ; mais tout ne m’est rien à l’égard du point d’hon- „
neur, où je croirois la réputation de ma Couronne tant soit peu bief- „
fée ; car en pareil cas, bien-loin de me soucier, ni me mettre en „
peine de ce qui peut arriver des Etats d’autrui, je ferai toujours prêt „
de hazarder les miens propres, plûtót que de commettre la moindre „
foibleíTe , qui ternît la gloire, où je vise en toutes choses, comme au „
principal objet de mes actions. „
Aussi-tót quej’ai reçu vôtre dépêche, j’ai donné incessamment „des ordres pour mettre ma Flotte en état qu’elle n’eùt pas beaucoup „à craindre quelqu’autre Flotte qu’elle puisse rencontrer ; & je crois „pouvoir dire avec vérité, & fans présomption, que quand il lui ar- „riveroit un malheur, ce feroit peut-être la plus mauvaise affaire en „toutes façons que le Roi d’Angleterre pût s’attirer fur les bras. J 1 „en fera après cela ce qu’il plaira k Dieu. 11 me suffira de n’avoir rien „fait de bas, ni que je puisse me reprocher moi-même
Ces fentimens sont beaux, ils font héroïques, si l’on veut, maisfont-ils d’un Roi qui fe regardant comme le père & le pasteur de son peu-ple, doit mettre toute fa gloire k le rendre heureux, & ne chercher k sc fai-re considérer & craindre même aux autres Nations que pour les empêcherde l’attaquer ? Oserois-je le dire ; rétablissement d’une manière douce &aisée de lever fur les peuples les contributions qu’ils doivent fournir auSouverain ; une conduite qui ne mette pas dans la nécessité de rendre cescharges trop pesantes, ne léroient-elles pas plus estimables que les vic-toires les plus éclatantes?
La Piété & la Religion furent aussi l’objet des soins de Louis. A fa Edit contreMajorité il avoit défendu le blasphème sous des peines sévères ; cette année ,es hlasphc-il réitéra les mêmes défenses & décerna de nouvelles peines contre les cri-minels. La Déclaration portoit, que ceux qui feroient convaincus d’avoir u $agï 27 ^juré & blasphémé le St. Nom dé Dieu, de fa très Ste. Mère & des Sts., fe-roient condamnés pour la première fois k une amende pécuniaire propor-tionnée k leurs biens & k la qualité du blasphème ; que s’ils récidivoient, lesamendes feroient successivement doubles, triples & quadruples ; que la cin-quième fois ils feroient -mis au carcan les Dimanches & les Fêtes depuishuit heures du matin jufqu’k une heure après midi ; que la sixième fois ilsferoient conduits au Pilori, où on leur couperoit la lèvre de dessus ; qu’en-fin k la sixième ou septième rechùte on leur couperoit la langue, pourles mettre dans l’impoffibilité de commettre encore -un crime si détestable.
Cette sévère Déclaration, ou plûtót, la politesse, quel’amour des Lettresa rendue commune , a banni ce vice déraisonnable, du-moins n’est-il plus,comme st l’étoit autrefois, le vice des gens de condition.
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