DE LOUIS XIV. LIV. XXX. an
& à ses matelots, qu’ils jettèrent leurs échelles pour se mettre à couvertderrière une hauteur. On se rembarqua, on courut les côtes d’Angle-terre ; où l’on fit beaucoup de peur & peu de mal.
Cette expédition, auffi utile, pour le moins, qu’une grande vic-toire, hâta la conclusion de la paix, & renversa les projets de ceux quiauroient voulu la reculer. Le Pensionnaire de Hollande étoit plein d’am-bition, & vouloit, fur toutes choses, conserver l’autorité qu’il s’étoitacquise. II voïoit bien que si la guerre qpntinûoit la Province de Hol-lande ne pourroit se paflèr de lui, & que tandis qu’elle seroit brouilléeavec P Angleterre, elle ne penserait point à rétablir le Prince d'Orangedans les Charges de son père. II craignoit donc que la paix ne se fît,parce qu’alors il devoit être moins nécessaire & devenir comme un Par-ticulier. Peut-être même craignoit-il qu’on ne lui demandât compte deses actions, & qu’on ne lui fît son procès fur bien des choses qu’il avoitfaites, peut-être avec bonne intention, mais contre les formes du Gou-vernement. C’étoit la raison pourquoi il avoit emploie son crédit pourempêcher que chaque Province n’envoïât son Député à Breda , croïantqu’il gouvernerait plus aisément un petit nombre, & qu’aïant Beverning,homme de fa cabale , plein d’efprit & de fermeté, à la tête de la Dépu-tation , il en seroit plus sûrement le Maître. II se servit habilement des dif-ficultés què formoient les Plénipotentiaires Anglois, & de la froideur qu’ilstémoignoient pour la paix. Beverning h chaque instant menaçoit de fe re-tirer, & paroissoit souhaiter qu’on lui en donnât occasion.
C’est Mr. de Wit, (écrivoientà leur Maître les Plénipotentiaires „François ) qui a déjà engagé son Païs & Vôtre Majesté dans cette „guerre, lorfqu’il envoïa de Ruyter en Guinée, fans attendre, selon „la disposition des traités, que le terme d’un an fût passé, pendant le- „quel le Roi de la Grande-Brétagne aurait pû être engagé à réparer „ì’entreprise que ses vaisseaux avoient fait fur cette Côte. II croît qu’il „embarquera Vôtre Majesté & son Païs à la continuer; & fans exami- „ner si les difficultés, que les Anglois forment, méritent qu’on rompe „la négociation, il lui suffit d’avoir si bien ménagé les Villes de fa Pro- „vince, que la rupture ne lui soit point imputée “.
En effet il parcourait toutes les Villes, & leur insinuoit que laFrance vouloit les obliger à faire une paix honteuse. Les Députés à laHaïe répétoient publiquement les mêmes discours. L’aheurtement étoittel, que Beverning déclara k Breda, que la Province de Hollande répon-dent non-seulement pour elle, mais pour toutes les autres, qu’elles conti-nueraient plûtôt la guerre fans l'affistance des deux Rois leurs Alliés, quede consentir, que la prétention des Anglois au sujet des deux vaisseauxfût jugée par le Magistrat d’Amsterdam.
Cette opposition du Pensionnaire à la paix étoit si marquée, quele Comte d’Estrades, son ami & son admirateur, crut devoir conseiller àson Maître de cesser de le protéger. „ II est aisé de voir, disoit-il, „que le Sieur de Wit, pour gouverner seul, s’opposera toujours à l’é- „
Ii 3 M léva-
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C’est ce quirendit inuti-les les intri-gues de ceuxqui ne veu-loient pointla paix.
D'Estrades ,tonu 4. pag 4
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De Wit enétoit l’Au-teur.
1 b. pag. 3 14.
lb.pag. îi8.
Ib. pag,