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Tome troisieme.
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L 52 HISTOIRE

1 . „ lévation du Prince d’Orange, & se servira du nom de Vôtre Majesté

166J. „ pour porter les Villes à lui donner l’exclusion, comme il l’a déjà fait

„ plusieurs fois. Quel fruit Vôtre Majesté peut - elle retirer en conti-„ niiant de le favoriser ; puisqu’il est sûr que tandis qu’il fera en cré-„ dit, il s’emploïera à continuer la guerre avec l’Angleterre pour ses„ avantages particuliers, étant le seul qui a la direction de la Flotte &„ des dépenses, à quoi les autres ne voïent rien faute d’application ?„ Au-lieu que le Prince prendroit des liaisons avec Vôtre Majesté ; &„ je puis assurer que ce Prince, aïant autant d’esprit & d’ambition„ comme il en a, & sa forte passion pour la guerre, ne peut avoir,„ par ses propres intérêts, d’autres sentimens que de s’attacher à Vôtre„ Majesté Le conseil étoit excellent, du-moins l’événement a dûconvaincre qu’il étoit tel.

La France ne L e Pensionnaire n’étoit pas le seul qui souhaitât la continuation delavouloit pas ] a g ue rre. La France, quelque démonstration qu’elle fît du contraire »D’EííradeT' aV0 ‘ t ^ es dénies désirs. Sur une difficulté des Ambassadeurs de Dannemark,tom. 4, p a g. qui leur faifoit attendre de nouveaux ordres de leur Maître, ceux deZ8r. France avoient demandé s’ils ne pourroìent signer fans eux? O11 leur

répondit qu’ils ne le pouvoient. „ Voilà la résolution duRoi, disoit„ Mr. de Lionne, laquelle, à vous parler confidemment, me paroít„ d’autant meilleure , qu’outre les raisons d’honneur & de la bonne-„ foi, il y en a présentement beaucoup d’autres , qui font que Sa Majesté„ doit être aujourd’hui plutôt bien-aise que fâchée, que vôtre négociation,, traîne encore quelque tems. Car si vous le remarquez, comme je„ n’en doute pas, les choses ont assez changé de face depuis vos pré-„ miers ordres de conclure promptement. Sa Majesté n’a plus d’em-„ haras pour la jonction de fa Flotte, dont on ne la presse plus; &„ comme elle doit rapporter toutes les autres affaires au bon succès de„ son entreprise en Flandre , tant que la paix d’Angleterre ne sera pas„ faite , les Anglois & les Hollandois ne prendront point de mesures„ pour arrêter ses progrès ; & vous savez que leur union est la plus„ dangereuse & presque la seule chose , que Sa Majesté ait à craindreMais le succès de la Flotte Hollandoise coupa pied à toutes ces intrigues.La soi blesse des Anglois , plus grande encore, si je puis m’exprimerainsi , que n’étoit leur dépit, les obligea de renoncer à leurs préten-tions. 11s cédèrent aux Etats-Généraux tout ce que ceux-là leur de-mandoient, & la République eût tout Phonneur du traité, malgré lesconseils intéressés & artificieux des Plénipotentiaires François, comme elleavoit eu celui de la guerre , fans presqu’aucun secours de ses Alliés.i^France ^ Avant qu’on eût fait la paix àBreda, Louis quatorze, après biendansles Païs- des délibérations entra subitement dans la Flandre dégarnie de troupes &Bas. de munitions. II n’y trouva prelqu’aucune résistance; les Villes les plus

j Mémoires fortes tinrent à peine quelques jours. Comme cette irruption a été la^Pcbrmolc. iomce de ces longues guerres qui ont désolé l’Europe , & particulière-gíques. ' ment la France, il convient de développer les motifs qui y engagèrent,