DE LOUIS XIV. LIV. XXX.
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& les mesures qu’on avoit prises pour empêcher les suites fâcheusesqu’elle devoit naturellement avoir.
L a sanglante guerre que la paix des Pyrénées avoit finie , avoit eud’abord pour motif rabaissement de la Maison d’Autriche , dont l’ambi-tion , du-moins on le prétendoit ainsi, étoit encore plus grande que lapuissance. Les ennemis fans nombre qu’on lui avoit suscités ; les succèspresque continuels qu’on avoit eu fur elle, Pavoient réduite au pointqu’on la fouhaitoit. Elle n’étoit plus formidable, & ne pouvoit plus exé-cuter les vastes projets , qu’on l’acculòit d’avoir formés fur le reste del’Europe. Diverses circonstances arrivées pendant le cours de cetteguerre , déterminèrent à la continuer, pour avoir part dans la fuite auxdépouilles de cette Maison , qu’on avoit affoiblie. Philippe quatre , deson mariage avec Elisabeth de France, avoit eu un Prince & deux Prin-cesses. Le Prince mourut, & laissa à ses sœurs l’espérance de montersur le Trône. Philippe quatre étoit infirme , usé même de débauches. Onespéra en France qu'il n’auroit plus d’enfans , ou qu’ils seroient d’untempérament foible & d’une santé languissante. Dans ces vues on pro-longea la guerre, jusqu’à ce que le Roi fût en âge de se marier. Anned’Autriche & le Cardinal Mazarin Rattachèrent invariablement à ce pro-jet. L’abandon des Hollandois, les guerres intestines qu’ils eurent à foû-tenir ne le leur firent point perdre de vúë. Quelle autre rajson les eûtempêché de faire la paix avec l’Ëspagne pour accabler plus prompte-ment les rebelles ?
La fortune seconda leurs desseins. Débarassés du Prince de Coudé,aïant soumis ou regagné les autres Chefs de faction , ils poussèrent laguerre avec tant d’avantage du côté de la Flandre, que le Roi Catho-lique , pour le reste de ces Provinces, fut enfin contraint d’accepter lesconditions qu’on voulut lui imposer.
La principale fût le mariage de sa fille aînée avec le jeune Roi. Ou-tre l’espérance de la succession de tant de Couronnes, on supposa qu’el-le avoit des droits certains fur une bonne partie des Païs-Bas 3 qui seulsl’auroient fait préférer à toutes les Princesses de l’Europe. Ces droitslui venoient de la qualité d’héritière de son frère le Prince Balthazar ; les coû-tumes locales de Brabant & de quelques autres Provinces de Flandreétant que la Fille aînée du prémier lit exclue les Mâles du second.
On sentit à la Cour de Madrid les prétentions & les vûës secrettesde celle de France. On n’auroit rien tant souhaité que de refuser l’In-fante Marie Thérèse & de la placer ailleurs ; mais la décadence desaffaires en Flandre étoit telle ; les François y étoient si supérieurs parleur jonction avec les Anglois, qu’une Campagne encore pareille à ladernière l’auroit fait perdre fans ressource. D’ailleurs le Roi Catholi-que & son Ministre vouloient absolument soúmettre le Portugal, cequi leur étoit impossible tandis qu’ils auroient la guerre avec la France.
On consentit donc au mariage, malgré les suites qu’on en prévoioit.On s’appliqua seulement à y rémédier, & l’on crut savoir fait par les
I i 3 réuon-
1667.
Montgìat ,tom. 4. pag.290.
Riencourt ,tom. 2. pag.249.
Qurncy, tom.i.pag. 276.Politique dela Francedans la lon-gue guerreterminée parla paix desPyrénées.