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H I S T O I R E
1667.
Tom. 5 . pag,101.
Le Clerc ,tom t utsuprà.
Ecrits pourjustifier cet-te irruption.Traité de sDroits de lapleine MarieThérèse surdivers Etatsde la Monar-chie d’Espag-ne , Edit.Paris. 1667.
renonciations solemnelles qu’on exigea des deux Epoux avant & aprèsleur mariage. On ne contesta en France fur cet Article , qu’autant qu’ilétoit nécessaire pour persuader les Espagnols qu’on croioit leur précau-tion bonne. Dès-lors on y avoit jugé que ce n’étoit qu’une vaine céré-monie , qu’on ne manqueroit pas d’y trouver des nullités, que du-moinson rendroit la chose douteuse , & que la supériorité des forces auroit gran-de part à la décision. On en penfoit à peu-près de même en Espagne.Madame de Motteville rapporte, que Philippe quatre aïant fait lire devantlui & devant les Grands de fa Cour le contract de mariage , avoit dittout haut fur l’article de la renonciation, Esto es una pataratta , y , fifaeltajje el Principe , de Derecho mi Híyi a d’beredar. Ceci est une fa-daise ; & si le Prince mon fils manquoit, de droit ma fille doit hériter.
Tandis que le Roi Catholique vécut, on n’agita point ces questions ;mais on travailla à fe mettre en état de faire valoir les droits qu’oncroioit avoir acquis , quoiqu’on y eût formellement renoncé. Pour ai-foiblir l’Efpagne & l’épuifer de plus en plus, tandis qu’on fe rétablissaitpar la paix, on donna de grands secours au Portugal, & par les Allian-ces qu’on contracta avec divers Princes de l’Empire, & la plupart desautres Puissances de l’Europe, on s’efforça d’ôter à cette Couronne tou-te espérance de secours. On s’attacha particulièrement à gagner les Pro-vinces-Unies. On fe servit de leurs démêlés avec P Angleterre & avecl’Evêque de Munster pour leur faire acheter le secours dont elles avoientbesoin, par l’approbation des entreprises qu’on méditoit, ou par la pro-messe de ne s’y point opposer. N’aïant pû y réussir, on les secourutfoiblement pour les laister s’épuiser, & pour ménager leurs ennemis.On feignit d’entrer dans leurs vûës fur le partage d’une partie des Païs-Bas Espagnols & fur l’érection du reste en République. Enfin résolu d’envenir a la force, on le fit tandis que l’incertitude de la paix ou de laguerre mettoit les autres Puissances hors d’état de s’y opposer.
Pour justifier ses armes, & pour détruire, autant qu’il seroit possible,les soupçons d’ambition & d’avidité déjà trop répandus, on fit publierquantité d’Ecrits, où l’on s’efforçoit de prouver la justice de ses pré-tentions , & même la modération de fa conduite. On attaquoit d’abordles rénonciations. On montroit aussi qu’une partie de la Flandre appar-tenoit de droit à Marie Thérèse d’Autriche ; enfin on vouloit prouverque Pinvafion de ces Pars ne violoit en rien le traité des Pyrénées.
Sur le prémier Article , on prétendoit; que Plissante étoit Mineurelorsqu’elle avoit renoncé ; qu’elle avoit été lésée dans fa rénonciation ;qu’on ne peut pas renoncer à une Couronne; que si la rénonciationobligeoit Plissante, elle ne pouvoit obliger ses enfans ; que la rénoncia-tion étoit rélative non-feulement à la dote, mais aux termes stipulés pourle parement. D’où on concluoit, que les païemens ne s’étant pointfaits aux termes convenus, la rénonciation étoit nulle. On ajoutoit, quela loi publique l’emportoit fur toutes les conventions particulières, 8cque les défauts essentiels de ces sortes d’Actes ne fe purgeoient point
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