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Tome troisieme.
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DELOUIS XIV, LIV. XXX. ss?

trai, lui firent écrire qu’un Docteur de Sorbonne avait fait une traduc- . .

tion très fidèle du Nouveau Testament, & qu’elle avoit été approuvée par 1667.un fameux Censeur de Livres. Le Prélat accorda la permission de l’im-primer, & de la publier. Cette permission étoit du douze octobre mille fixcent soixante-cinq , & l’approbation de Pontanus Docteur de Louvain, nefût donnée que le quatre juin mille six cent soixante-six. Ce Pontanusavoit été Censeur Apostolique ; il avoit approuvé plusieurs Livres faits pourla défense de Jansénius, de manière qu’Innocent dix, dès mille six centquarante-sept, lui avoit ôté cet emploi. L’Evêque de Namur approuvaaussi la nouvelle traduction, qui fût encore munie d’un Privilège du RoiCatholique. Elle fût imprimée en Hollande, non à Mons.

D'es que ce Nouveau Testament parut, il fût attaqué avec toute la Mémoiresvivacité possible. L’Archevêque de Paris commença par en interdire la Chron ç 0 í os Ì:lecture, le dix-huit de novembre ; quatre jours après il y eût Arrêt du tSr

Conseil d’Etat, qui défendait, sous peine de punition, de le débiter,comme étant fans nom d’auteur, & censé composé par des personnesnotoirement désobéissantes à f Eglise. L’Archevêque d’Ambrun, l’Ar-

chevêque de Reims , les Evêques d’Evreux & d’Amiens le proscrivirentaussi. Plusieurs Théologiens particuliers justifièrent la conduite des Pré-lats. Le Père Armât Confesseur du Roi, un certain Mallet Docteur de Sor-bonne furent de ce nombre. Le Père Maimbourg alors Jésuite, & plu-sieurs autres de ses Confrères, déclamèrent dans leurs sermons contre lanouvelle traduction, & lui donnèrent les qualifications les plus odieuses.

Jamais peut-être Ouvrage ne fût attaqué par tant d’endroits à la lois; ibìd*mais aussi nul n’a été défendu avec plus de vivacité. Messieurs de Port-Roïal écrivaient toûjours avec force ; ils se surpassèrent en cette occa-sion. Ils trouvèrent des nullités fans fin dans 1 Ordonnance de Mr. dePéréfixe, des abus intolérables dans celle de Mr. d’Aubusson , & beau-coup de malice & de mauvaise volonté dans fa conduite. Le nouveauPape avoit aussi condamné cet Ouvrage, comme téméraire , mauvais, peuconforme à la Vulgate; son Bref fût pour eux un sujet de gloire, plútótque d’humiliation, & ce ne fût plus une mauvaise marque pour un Li-vre d etre censuré à Rome.

LTmpe'tueux Mr. Arnaud écrivit à feu & à sang contre le pauvre ibìd.Monsieur Mallet Docteur de Sorbonne & Crand-Vicaire de l’Archevêquede Rouen. „ C'étoit un petit Docteur, un Docteur sans nom, un Théo- „logien bizarreun esprit mal-fait ; il n’avoit pas de sens-commun, il „écrivoit étourdiment, & avec cela il étoit bouffi d’une ridicule présomp- „tion. C’est un homme qui a î’esprit si troublé , que jamais phrénétique „n’a eu de semblables visions ; la tête si démontée , qu’il n’y en a point „au monde faite comme la sienne ; si aveugle & si furieux, qu’il n’a ni „lumière, ni pudeur, ni conscience “. Les amis de Mr. Arnaud n’ap-prouvèrent pas cette manière si vive de défendre la vérité. Pour lesconvaincre qu’ils avoient tort de le blâmer, il composa un Livre sous cetitre singulier, Dissertation selon la méthode des Géomètres pour la 'justifiea -

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