DE LOUIS XIV. LIV. XXX. zvf
convenable , fit rendre un Arrêt dans son Conseil pour arrêter les pour- —
suites & pour mettre fin aux contestations. Cet Arrêt, du dix-huit oc- 1668.tobre, porte , que Sa Majesté aïant été informée par le Bref du St. Pè- Mémoiresre, que les Evêques d’Alet , de Pamiers , d’Angers & de Beauvais ont chromlogi,pleinement satisfait Sa Sainteté , par l’obéïssance qu’ils ont rendue aux ques tìConstitutions Apostoliques, en signant eux-mêmes & en faisant signer ”**sincèrement dans leurs Synodes le Formulaire d’Alexandre sept ; Elleordonne, que les Bulles & Constitutions qpntiniieront d’être inviolable-ment observées dans toute l’étenduë du Roïaume ; que les contraven-tions qu’on y a faites , aullì-bien qu’aux Déclarations , demeurerontcomme non-avenuës, fans qu’elles puissent être renouvelées par qui quece soit, sous aucun prétexte ; faisant défense à tous ses sujets de s’atta-quer les uns les autres fur ce qui s’étoit passé, usant des termes d’Hé-rétiques, Jansénistes & Semi-Pélagiens , ni même d’écrire fur lefditesmatières contestées , à peine de punition exemplaire.
E n signe de réconciliation, on écrivit aussi aux quatre Evêques. On Ibîi,leur marqua, qu’on avoit eu extrêmement agréables les assurances qu’ilsavoient données d’avoir fait ce qui pouvoit dépendre d’eux pour rétablis-sement de la paix de l’Eglise ; mais qu’on avoit eu une joïe complettelorlqu’on avoit appris depuis par un Bref du Pape , & par la vive voixde son Nonce, que Sa Sainteté étoit pleinement satisfaite d’eux par lasignature du Formulaire. On ajoutoit, qu’on s’appliqûeroit de tout sonpouvoir à empêcher que ces divisions ne pussent renaître , par de nou-velles contestations fur ces mêmes matières, & qu’on ne doutait pasqu’ils ne concourussent de tout leur pouvoir à l’exécution de ce dessein.
Enfin , Antoine Arnaud, principal auteur de ces disputes, & qui avoit di-rigé toute l’intrigue , fût présenté au Roi par son neveu Mr. de Pompone.
T o u t e s ces démarches suppofoient que le Pape étoit content. II ne Ibîi.
Pétait pourtant pas. Quelque précaution qu’eussent prise les quatre Evê-ques pour que leurs Synodes ne fussent composés que de personnes dontils se croioient assurés , le bruit courut bientôt que leur procédé n’avoitpas été sincère. Clément neuf en fût informé par son Nonce. II luidonna ordre de tirer d’eux une attestation signée de leur propre main,scellée du sceau de leurs Armes & autorisée par un Notaire public ;cet acte devoit certifier qu’ils avoient signé & fait signer sincèrementle Formulaire ; ils n'hésitèrent point à le donner.
Nous certifions, dirent-ils chacun en particulier , qu’aïant as- „ Certificatssemblé nôtre Synode, nous y avons signé sincèrement , & fait signer „par les Ecclésiastiques que nous y avons convoqué, le Formulaire „ i em blables àde foi contenu dans la Constitution de nôtre St. Père le Pape Ale- „ leur Lettre,xandre sept, conformément à la Lettre que nous nous sommes don- „nés l’honneur d’en écrire à nôtre St. Père le Pape ; en foi de quoi nous „ y. PropnjLavons signé le présent certificat, & à icelui apposé le sceau de nos Armes". thm,pag.
Ces certificats étaient datés du jour que s’étoient tenus les Synodes, 43°.on ne les avoit pourtant demandé que vers la fin d’octobre. Cette antidateTome III. Q,q est