DE LOUIS XIV. LIV. XXX. 30 9
dans la cessation du Procès des quatre Evêques, que leur soûmisiìon appa-rente tira d’affaire.
Cette paix même produisit une nouvelle guerre. On prétendit d’uncôté que Clément neuf avoit été trompé, & qu’il n’auroit point cesséde poursuivre les quatre Prélats, si leurs amis & eux ne l’avoient per-suadé que leur nouvelle signature étoit d’une autre espèce que la pré-mière , & qu’elle en étoit une vraie réparation & rétractation. U unautre côté, on a soutenu, que la conduite de ce Pape eít une condam-nation tacite de celle de ses prédécesseurs, & qu'il a consenti que lesquatre Evêques distinguassent entre le fait & le droit, & s’obligeassent àla créance intérieure pour l’un, & à une simple soûmiffion de respect &de silence pour l’autre.
C’es t pour mettre les Lecteurs en état de décider cette espèce de pro*cès, que fans avoir égard au tems, on vient de rapporter fous cette an-née ce qui s’est passé dans cette affaire , quoiqu’elle n’ait été terminéequ’au commencement de la suivante. C’elt dans la même vûë qu’on acité, ou extrait avec toute la fidélité possible les pièces originales. On nepense pas qu’il soit possible de les lire avec quelque attention , fans êtreétrangement surpris qu’on ait osé avancer, que la conduite artificieusedes quatre Prélats avoit été approuvée par Clément neuf. Que ne disoit-on aussi qu’elle avoit été concertée avec lui ?
A la vérité , il y a quelque apparence qu’il ne l’a pas ignorée , qu’ill’a dissimulée, qu’il a évité de s’en éclaircir ; mais on avouera qu’il y aune différence totale, entre feindre de ne pas voir qu’on est trompé,& approuver la tromperie. Au-lieu de ces certificats qu’il exigea , nepouvoit-il pas demander une copie authentique & légalisée des Procèsverbaux? Est-il possible que le Nonce, s’il eût voulu découvrir la vérité, n’enfût pas venu à bout ? Lui-eút-il été difficile d’avoir copie d’un Acte desChanoines de Pamiers, qui mettoit dans la dernière évidence la sincéritéou l’artifice des quatre Prélats ? Cet Acte étoit du dix-huitième septembre.
Ils déclaroient que leur Evêque leur avoit dit en plein Synode, quele Mandement, qu’il avoit ci-devant fait pour la signature du Formulai-re , & qu’on disoit avoir été condamné à Rome , n’avoit point ététrouvé mauvais après qu’on l’avoit bien examiné, & qu’il n’avoit reçuaucune atteinte, soit par le nouveau Bref de Sa Sainteté, ou par l’Arrêt deSa Majesté ; mais qu’à présent, plus de quarante Evêques, & les meilleu-res Têtes du Roïaume l’avoient réduit en une autre forme, qu'ils avoientmis en façon de Procès verbal, dont ils lui avoient envoie la Minute,qu’il alloit faire lire & signer à l’Assemblée. Ils déclaroient, que dansce Procès verbal, étoit faite grande différence entre la question de droit& de fait ; qu’il ordonnoit une soi intérieure pour le droit, & ne demandoitqu’une soûmiffion extérieure pour le fait ; qu il condamnoit ses cinq‘propo-sitions hérétiques , excepté au sens qu’elles ont à raison de la grâce ef-ficace par elle-même , enseignée par St. Augustin & par St. Thomas.
Q. q z Qu’ils
1668 .Histoire desV . Propofi -tions , pag.444 .
Remarquesfur ce Démê-lé.
Ib. pag. 408.