DE LOUIS XIV. LIV. XXXI.
qu’il s’oblige en bonne & dûë forme, par un traité folemnel, de con- ——m»””clure la paix avec l’Espagne , fans s’en pouvoir dispenser, fous quelque 166S.prétexte que ce soit, fi l’Efpagne peut être disposée ou obligée d’accor- ton,. 7 Fart.der à Sa Majesté très-Chrêtienne les Places qu’elle a conquises en la i- «9-Campagne dernière, ou un équivalent, dont ladite Majesté est déjàconvenue.
II. Que le Roi très-Chrêtien consente à une cessation d’armes auxPaïs-Bas, jufqu’à la fin du mois de mai, afin qu’on ait le tems de dispo-ser la Cour de Madrid à donner les mains à ces conditions.
III. Afin que le Roi très-Chrêtien n’ait aucune raison de refuserla suspension d’armes, le Roi de la Grande-Brétagne & les Etats s’o-bligent à faire avoir effectivement à la France ses conquêtes de ì’annéedernière, ou l’équivalent, dont il a déjà offert de se contenter.
IV. On engagera le Roi très-Chrêtien de se reposer sur cette pro-messe , & de ne porter plus les armes aux Païs-Bas ; ensorte que fi con-tre toute espérance, on ne pouvoit disposer l’Espagne avant la fin dumois de mai à accorder les conditions ci-dessus exprimées , & qu’il fal-lût en venir à des moïens plus efficaces , néanmoins les armes de Francene pourront pas être portées aux Païs-Bas, ni user d’aucune hostilité, ouy prendre aucune Ville, quand même elles voudroient fe donner ; fi cen’est que l’Angleterre & les Provinces-Unies manquassent à estèctûerleurs promesses.
V. L a paix étant conclue entre les deux Couronnes, elle fera garan-tie en la forme la plus ample, la plus expresse que faire fe pourra, parle Roi de la Grande-Brétagne & les Etats, par PEmpereur & les autresPrinces voisins, qui se trouveront intéressés à la conservation du reposde la Chrétienté, & particulièrement des Païs-Bas ; de sorte que l’onconviendra des forces que chacun fournira pour agir vigoureusement, encas que l’une ou l’autre partie vienne à l’enfraindre , pour lui faire répa-rer le tort & le dommage que l’autre aura souffert par sa contravention.
On ne vit pas tout d’un coup à Paris la fin de ce traité. „ Le fonds „ d’E strades ,m’en paroît bon, écrivoit Mr. de Lionne, & avantageux au Roi; la „ tom. pa g .manière peu agréable, & les termes de la convention pouvoient être „ 224-plus honnêtes ; mais la fuite justifiera si les intentions ont été bonnes „ou mauvaises à l’égard de cette Couronne
A ces cinq Articles, on en joignoit trois autres séparés, qui auroienttout-à-fait ouvert les yeux; mais le secret fût impénétrable pendantquelque tems. „ En procurant la paix entre la France & l’Espagne, s’il „ Corps d ìpu.s’élève quelque dispute entr’elles au sujet de la renonciation, on trai- „ mí *tiquctom.tera Paffaire de manière qu’il n'en soit faite aucune mention dans les „ 1 '
Articles du traité , ou que, si on en parle , les expressions soient si „bien concertées, que ni l’une ni l’autre de ces deux Puissances n’en puis- „sent tirer aucun avantage. Si le Roi d’Espagne, ou le Roi très-Chrêtien „n’y veulent pas consentir, on se conduira avec le refusant comme il „sera réglé ci-après; à condition cependant, que si le Roi Catholi- „
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