HISTOIRE
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»™— „ que est le refusant, le Roi très-Chrêtien n’ait pas pour cela la liber-1668 . « té d’attaquer les Païs-Bas.
„ Le Roi de la Grande-Brétagne & les Etats-Généraux feront tout,, leur possible , pour que f Espagne fasse la paix avec le Portugal auM méme te m s qu’avec la France ; à condition cependant, que la paix„ de la France soit indépendante de celle du Portugal. Cette condition„ observée, il fera libre au Roi très-Chrêtien d’aílister le Roi de Por-„ tugal son Allié, comme il le jugera à propos ; de manière pourtanta, qu’il ne pourra rien entreprendre contre les Païs-Bas, ni de vive for-
,3 ce 3 ni par intrigues, ni y rien prétendre fous prétexte de dédomma-
33 gement des fraix faits pour la défense du Portugal.
„ S1 contre toute attente, le Roi très-Chrêtien refusoit de promet-,3 tre de faire la paix , au cas que l’Espagne lui cédât ses conquêtes de l’an-„ née dernière, ou un équivalent, ou qu’il n’accomplît pas la promesse,„ ou qu’il rejettát ou refusât les précautions prises dans ce traité pour
„ qu’il ne pousse pas plus loin ses progrès dans les Païs-Bas ; si par de
j, vains prétextes & par des intrigues il empêchoit la conclusion de la„ paix , & rendoit inutiles les foins qu’on fe donnera pour rétablir ; alors,,3 l’Angleterre & les Etats seront obligés de fe joindre à l’Efpagne, de fairej, la guerre à la France, non-feulement pour la contraindre d’accepter,3 les conditions offertes, mais ausiì, en cas de succès, de remettre lesj, choses fur le pied où le traité des Pyrénées les avoit mis “.
Ces derniers mots faífoient bien sentir que cen’étoit point par bon-ne volonté pour la France, qu’on promettoit de contraindre l’Efpagneà céder les villes qu’elle avoit laissé prendre. L’Angleterre & la Hollandeégalement épuisées, étoient hors d’état de les arracher des mains deLouis; Punique raison qui les déterminât à consentir qu’il les retint,étoit d’empêcher qu’il n’en prît encore d’autres, ce qu’il s n’étoient passûrs de faire en unissant leurs forces à celles d’Efpagne ; & il est certainque ce Prince les eût étrangement ernharassé, s’il eût poussé ses con-quêtes ausiì loin qu’il l’auroit pû ; & que ce fût dans le Pensionnaire untrait d’une habileté supérieure de l’avoir engagé k se déclarer sur sesprétentions, & de l’avoir ensuite amusé par l’espérance de voir les Pro-vinces-Unies fe déclarer entièrement pour lui. Par-lk il gagna du tems, &fut l’engager à borner lui-même ses conquêtes, ne pouvant plus refuseravec honneur les conditions, dont il avoit déclaré qu’il fe contenteroit.
Dans le tems même qu’on prenoit ces mesures pour borner lesconquêtes de la France, ses Armées étoient en mouvement pour en fairede nouvelles. Louis avoit offert une suspension d’armes, depuis le com-mencement d’octobre de l’année dernière jufqu’à la fin de mars de celle-ci , afin que pendant ces six mois l’Ëspagne pût prendre son parti sur lesconditions qu’il avoit demandées. Le Gouverneur des Païs-Bas avoit re-jetté cet offre, & avoit méme voulu le rendre ridicule ; disant, je neU. pag. 22;. sai sur quoi fondé, que c’étoit un offre à la Turque, & qu’il ne vouloitpoint recevoir comme une grâce cette suspension, que la Nature luiprocureroit malgré qu’on en eût. Pique'
Habileté dede Wit.
Le Clerc,tom.3. pag . 207.