1668.
Réponse desHoliandois.JD’Eftrades ,tom. pag.209.
Z20 HISTOIRE
L a troisième raison, qu’on disoit accessoire, & qu’on expliquoitde manière à faire sentir qu’elle étoit la principale , étoit pour réprimer,c'elì ainsi qu’on s’exprimoit, la pétulance du Gouverneur de Flandre , le-
2 uel empoisonnant tout ce qu’on présentoir de remèdes aux maux de lahrêtienté pour les guérir fans délai, s’étoit fort satisfait lui-même d’écrireà divers Princes & de faire débiter en tous lieux par ses Emissaires, quela France en offrant la suspension d’armes, se moquoit de tout le mon-de ; que c’étoit Dieu même qui la faifoit, & qu’enfin il ne voïoit pas parquelle raison il devoit recevoir par grâce ou interposition , ce que le tems& la saison lui donnoit, & que la guerre même ne lui pouvoit ôter.
„ Et pour dire vrai, ajoutoit-on, s’il avoit médité quelque entre-„ prise sur nos Places, à la faveur des glaces pendant l’hiver, il auroit„ eu raison de ne se pas lier les mains ; mais comme il n’a rien paru„ de fa part jusqu’ici qu’un médiocre dessein de surprendre le Châtelet,„ pour lequel il avoit fait des préparatifs d’échelles & de pétards à Cam-j, brai, ce fera maintenant à lui , en cas que nos armes soient plus„ heureuses dans la Franche-Comté, à voir comment il pourra fe justi-„ fier auprès de la Reine fa Maîtresse, de ce que fa témérité, ou son,, imprudence aura coûté au Roi son fils, lorsqu’il a rejetté un moïen„ infaillible de mettre durant sept mois toutes les Places d’Espagne eu„ sûreté
Rien n’est plus sage ni plus adroit que la réponse des Etats-Gé-néraux ; en un mot elle faifoit sentir l’inutilité de l’entreprife. La voici,on en jugera.
„ Sire, depuis que vôtre Majesté nous a fait savoir ses dernières„ intentions, touchant la satisfaction qui pourroít terminer la guerre en-„ tr’elle & le Roi d’Espagne , nous avons songé continuellement & avec„ application aux moïens de la lui faire donner. Nous pouvons dire que„ nous avons travaillé fortement à y faire acquiescer les Espagnols ; mais„ nous y avons trouvé une si grande répugnance, que nous ne pouvions„ rien espérer du succès, si nous ne voïons entrer dans les mêmes fen-„ timens ceux qui pouvoient seconder nos bons desseins.
„ Nous avons enfin été assez heureux pour voir réussir nos foins.„ Le Roi de la Grande-Brétagne s’étant expliqué en la manière que vô-„ tre Majesté le peut désirer pour son contentement, & s’étant laissé„ disposer d’agir efficacément avec nous pour porter les Espagnols à don-i, ner à vôtre Majesté ce qu’elle a demandé. C’est dont nous avons„ fait part à Monsieur le Comte d’Estrades, & lui avons fait connoître,„ que présentement nous ne pouvons que continuer de travailler avec„ beaucoup d’apparence de succès, mais aussi que nous ne craignons„ point d’en répondre , & de dire, que vôtre Majesté peut obtenir à„ son mot, fans effusion d’utie feule goûte de sang Chrétien, ce qu’elle„ a témoigné désirer. Nous ne doutons point qu’elle n’agrée nôtre pro-„ cédé, si plein de marques d’affection & de zèle pour fa gloire & son„ consentement, aussi-bien que pour le repos de la Chrétienté.
C'L ST ,
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