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Tome troisieme.
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D E L O U I S XI V. L IV. XXXI. 321

C’est, Sire, ce que nous avons jugé nécessaire de faire savoir „auffi à vôtre Majesté , en attendant que nous nous en expliquions plus „amplement par la bouche de l’Ambassadeur extraordinaire, que nous „ferons partir au plûtót pour concerter avec elle les moïens dont il le „faudra servir pour achever ce grand ouvrage avec réputation de vôtre „Majesté & pour le bien & repos de l’Univers. Nous estimons que „nôtre vûë en tout ceci est fi conforme à Pintention de vôtre Majesté, „qu’il ne se peut qu’elle ne donne son agrément aux preuves que nous „lui donnons de la sincérité de la nôtre ; comme nous serons toujours „prêts de lui en donner de nos sentimens respectueux

Sans doute qu’on comprit le sens de cette Lettre, mais on n’étoitpas encore affermi contre la crainte d’avoir fur les bras toutes les Puis-sances de PEurope. On prit, comme on avoit fait à Pégard de la nou-velle Alliance des Etats avec P Angleterre, la Suède & plusieurs Prin-ces de PAllemagne, le parti de la dissimulation ; on feignit de ne pasvoir qu’elle étoit à Pavantage des Espagnols, & que ce qu’elle vouloitfaire céder à la France n’avoit point d’autre but, que de l’empêcher des’accroître. On se plaignit pourtant avec assez de vivacité. Mr. deLionne dit à P Ambassadeur extraordinaire des Etats, qu’il auroit répondude fa tête que la paix se seroit faite infailliblement aux conditions propo-sées , si la Ligue de la Haïe ne se fût point faite ; mais que cette Ligueaïant donné une perspective dans le Monde, qui pouvoit faire juger quetout ce que le Roi n’auroit fait que de son propre mouvement, & pouracquérir la gloire de modération , qui étoit la feule qui lui restoit à ga-gner , il seroit la paix comme forcé par la crainte de cette Ligue. Quecela lui paroissoit si dur pour un Prince de l’humeur du Roi, qui pré-férait fa réputation à toute autre considération , qu’il ne favoit plus ce quien arriverait. Qu’il ne pouvoit assez s’étonner, vû la prudence de ceuxqui s’étoient mêlés de cette négociation, qu’ils n’eussent comme ensévélidans les Articles secrets tout ce qui pouvoit paraître prescrire impérieu-sement au Roi la conduite qu’il devoit tenir, s’il ne vouloit qu’on l’y for-çât. Quoiqu’il en soit, on continua de négocier.

La conquête de la Franche-Comté fit naître au Sieur de "Wit,toujours attentif à assurer la liberté de fa Patrie, un nouveau plan d'ac-commodement. II dit confidemment au Comte d’Estrades, que le voi-sinage de la France donnant aux Etats de si grands ombrages, il étoità souhaiter qu’on pût les dissiper ; qu’il croioit qu’on en viendrait à bout,si au-lieu des Places conquises en Flandre, il plaifoit au Roi de garderla Franche-Comté, qui étoit d’une plus grande considération que cesPlaces. 11 assûroit, que ce seroit donner aux Etats & à tous les peu-ples une grande satisfaction, & un motif de se lier plus étroitement quejamais ; qu’il se faisoit fort d’agir si vigoureusement du côté des Espa-gnols, qu’ils y consentiraient. Ce projet fût rejetté. On vouloit s’aggran-dir pour assûrer les conquêtes qu’on avoit faites pendant la guerre pré-cédente , & pour être plus en état de profiter des occasions qui pourraientTome III S s se

1668 .

Plaintes dela France.D’Eflrades ,tom. ■ ç. pag.259.

Les négocia-tions conti.niient.

Ib. pag. 244.