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Tome troisieme.
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Z22

HISTOIRE

1668.

Difficultés dela France àconsentir àla suspensiond’armes.D’Elirades ,tom. pag.

3?<S.

Instancesqu’on lui faità ce sujet.L? Clerc,tom,Z- pag- -2?.I>’Estrades ,lb. pag. s;8-

Jb.pag. 262.

Elle s’en dé-fend.

Le Clerc,tom.3. pag. 22Ç,I)’Estrades ,lb. pag. 264.

se présenter dans la fuite de s’étendre encore d’avantage. J’oublioisde dire, qu’avec la Franche-Comté on auroit gardé Lille, Douai,Armentières, Vergues &'Fumes; ce qui faisoit assurément une belle &considérable frontière. Comme les paroles étoient déjà données, on nepensa plus qu’à empêcher la continuation de la guerre ; c’est-à-dire, euégard à la foibleíle des Espagnols, la continuation des conquêtes.

En exécution du traité de la Haïe, les Envoies d’Angleterre & deHollande pressèrent le Gouverneur des Païs-Bas d’accepter la suspensiond’armes qu’il avoit imprudemment refusée. On se plaignit fort en Fran-ce de ce procédé, & il parent que ce n’étoit pas fans raison. On l’avoitofferte, niais l’offre aïant été méprisée, on avoit dégagé sa parole ; ac-tuellement 011 étoit engagé à une expédition de guerre, & ce n’étoit d’ail-leurs qu’une suspension d’entreprises fur les Places fortes, non une cessa-tion absolue d'hostilités qu’on avoit proposée ; de manière que regardantcette proposition comme subsistante encore, & la faisant accepter aux Es-pagnols , c’étoit vouloir faire tomber fur la France une espèce de man-quement de parole, si elle refufoit d’y consentir, comme elle ne pouvoitmanquer de le faire, au-milieu de ses nouvelles conquêtes.

Malgré ces plaintes, les Sieurs Van Beuningen & Trevor présen-tèrent un Mémoire pour que cette suspension fût observée. 11 s y disoient,que le Marquis de Castel-Rodrigo y avoit consenti en la forme qu’on l’a-voit accordée le dix-huitième novembre précédent ; & d’autant, ajoutoient-ils, qu’il ne reste pour ce commencement d’accommodement si-nonqu’il plaise à Sa Majesté très-Chrêtienne de faire expédier les ordres né-cessaires pour l’exclusion de ladite promesse, Sa Majesté est très-instam-ment priée de donner cette marque de la sincérité de ses intentions pourledit accommodement.

Ils joignirent à ce Mémoire la copie de l’acceptation de la trêvepar le Marquis de Castel-Rodrigo. Elle portoit, qu’aïant été sollicité de lapart da Sa Majesté le Roi de la Grande-Brétagne & par les Ëtats-Générauxdes Provinces-Unies, de vouloir condescendre à une trêve générale parmer & par terre jusqu’à la fin de mars, pour disposer à l’étendre jusqu’aumois de mai, & que désirant de donner toutes les preuves imaginablesde déférence, estime, confiance & amitié, qui étoient dúës aux bonnesintentions, que le Roi d’Angleterre & les Etats-Généraux témoignoientpour le plus grand bien & la conservation des Païs & Etats du Roi sonMaître, il déclarait, qu’il admettoit la trêve & la cessation d’armes pro-posées , & qu’il autorifoit les Ministres des deux Puissances Alliées qui ré-fidoient à la Cour de France, d’y certifier son acceptation, & d’y fairepromettre la conclusion & l’obscrvation de cette trêve.

On répondit au Mémoire des deux Ambassadeurs, que le motif qu’onavoit eu d’offrir la suspension il y avoit six mois, n’avoit été que pourdonner lieu à raccommodement pendant l’hiver; que l’offre avoit étérejette, que ce tems si prétieux avoit été consumé inutilement, sansqu’on eût pû convenir d u lieu de l’Assemblée ; qu’il étoit aisé de juger,

que