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Tome troisieme.
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DE LOUIS XIV. LIV. XXXI. m

que Pinstance, qu’ils faisoient d’accorder cette suspension d’entreprises ,ne tendoit pas tant, comme disoient les dernières lignes du Mémoire, j

à tirer de Sa Majesté une marque de la sincérité de ses intentions pourl’accommodement, qu’à mettre en sûreté pour ce tems-là toutes lesPlaces de la Monarchie d’Espagne. Que cependant, quoiqu’on connûtparfaitement cette vérité , on vouloit bien avoir pour leurs Maîtres lacomplaisance de défendre à ses Généraux d’attaquer ou de surprendreaucune Place ou poste fortifié des Espagnols, pendant le reste du moisde mars ; c’étoit-à-dire un peu plus de trois semaines.

On exigea que pendant ce tems-là les Ambassadeurs Rassurassent, D’Estrades,que le plein-pouvoir, que disoit avoir le Gouverneur de Flandre, étoit à. pag.conçu de manière qu’on pût traiter avec lui valablement & avec hon- Mi-neur. Car jusqu’alors les Espagnols n’avoient cherché qu’à gagner dutems ; ils avoient déclaré à Madrid qu’ils ne traiteroient qu’à Rome , àVenise, ou aux Pyrénées. Le Gouverneur de Flandre avoit nommé Aixla Chapelle ; on avoit destiné Mr. Colbert de Croiflì pour s’y rendre ;depuis plus d’un mois il attendoit ses passeports. II revenoit de tous cô-tés que la Reine d’Espagne se plaignoit que Castel-Rodrigo eût passé sespouvoirs, & qu’elle períistoit dans son prémier dessein. Tout ceci avoitété ‘exposé fort au long en Angleterre & en Hollande, & on avoit déclaré ,qu’on ne prétendoit point se laisser amuser d’avantage.

Ces deux Puissances eurent peu d’égard à ces réprésentations. Pourôter tout prétexte de continuer la guerre , elles déterminèrent le Gou-verneur de Flandre à accepter l’alternative que la France avoit propo-sée , & qu’elles s’étoient engagées de lui faire obtenir. Sur cette accep-tation , elles insistèrent fortement fur la prolongation de la trêve, du-moins juiqu’à la fin de mai.

On s’en défendit presque jusqu’à se brouiller ouvertement. On ré- IS. 27s.présenta encore, qu’on avoit tout sujet de croire que le Gouverneur deFlandre seroit désavoué sur l’acceptation de l’alternative, comme ill’avoit été sur le choix d’Aix la Chapelle pour lieu d’Assemblée; quecette acceptation étoit faite en termes captieux ; qu’au même tems qu’ilacceptoit cette alternative , & qu’il ne pouvoit pas ne point voir com-bien il lui étoit important de ne pas perdre un seul moment pour trai-ter, il n’avoit pourtant pas envoie le passeport, que Mr. Colbert at-tendoit pour se rendre à Aix la Chapelle. On observoit, qu’il n’étoitpoint-du-tout probable, que les Conseils de Madrid ara n t travaillé toutl’hiver à faire la paix du Portugal pour se pouvoir mieux défendrecontre la France, eussent donné pouvoir d’accepter 1 alternative , ou quele Gouverneur connoitsant leurs résolutions pût se flatter d’être avoué.

On ajoutoit, qu’on savoit à n’en pouvoir douter que Dom Juan devoitarriver incessamment en Flandre, avec dix mille Espagnols naturels & troisou quatre millions en barre.

On avoit pourtant nommé des Commissaires pour traiter avec les »LS.

Ministres d’Angleterre & de Hollande fur cette acceptation de l’alter-

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