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Tome troisieme.
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HISTOIRE

í 668 .Le Clerc,tom.2. pag. 228

Nouvelles.

instances.

D'Estrades ,

Í0/Î7. 5 . jJslg.

287 .

Zi. 28;.

Ib. pag. 286 .

Ib. pag. ;so.Le Clerc,tom.pag. 227.

Z24

native. Leur première demande fût ; qu’on fit partir le Plénipotentiairenommé pour Aix la Chapelle. On le refusa, pour les raisons qu’on avoitde croire que Castel-Rodrigo s’embarassoit peu d’être désavoué, pourvuqu’il gagnât du tems, jusquà l’arrivée des secours d’Espagne.

Le Pensionnaire, à qui Van Beuningen rendit compte de ce refus,combattit puissamment les raisons qui l’appiuoient. II dit au Comte d’Ef-trades, qu’il ne pouvoit assez s’étonner de ces difficultés, puisque pourl’intérêt de la France même, supposé qu’on y voulût la paix , aux con-ditions qu’on avoit proposées, il étoit à souhaiter que Castel-Rodrigoeût signé la paix , quand même il devroit être désavoué de la Reined’Espagne ; parce que ce procédé engageroit les Etats & l’Angleterre àrompre avec cette Princesse, & à la contraindre de ratifier ce qu’au-roit fait le Gouverneur. II ajouta , que PEnvoïé d’Angleterre & lesDéputés des Etats à Bruxelles avoient tellement pressé ce Gouverneur ,qu’ils avoient tiré copie de son pouvoir , qui l’autorisoit suffisammentpour accorder les conditions qu’il jugeroit à propos ; qu’ils avoientauíli tiré un extrait de la Lettre de la Reine d’Espagne, qui approuvoit& autorisoit le choix d’Aix la Chapelle pour y traiter la paix ; qu’en unmot ce Gouverneur offroit de signer à Bruxelles tout ce qui seroit arrêtéà Aix par son Subdélégué ; & qu’aïant déclaré à laquelle des deux al-ternatives il vouloit s’en tenir, il étoit visible que la paix étoit entre lesmains de la France ; que cette paix ne pouvoit lui être que glorieuse »puisqu’elle auroit ce qu’elle avoit demandé.

C e discours du Pensionnaire fût soûtenu par les bruits , que les Es-pagnols ne manquèrent pas de répandre. Le Comte d’Estrades manda àParis qu’il avoit trouvé les Députés de l’Assemblée de Hollande fort éton-nés de la dernière dépêche de Van Beuningen ; qu’il voioit déjà la ca-bale d’Espagne s’intriguer par-tout , & publier qu’on avoit toûjoursbien crû que le Roi ne vouloit pas sincèrement la paix ; que la choseétoit évidente , puisqu’il ne vouloit pas faire partir son Plénipotentiairepour Aix, quoique Castel-Rodrigo eût accordé tout ce qu’on lui avoitdemandé.

Ces bruits augmentèrent encore par une nouvelle dépêche de VanBeuningen. 11 marquoit , qu’il y avoit plus d’apparence de guerre quede paix ; que les Etats fer oient bien de se précautionner ; qu’ils ne pou-voient douter que le Roi, refusant d’envoïer son Plénipotentiaire à Aix,n’eût dessein d’achever la conquête des Païs-Bas, & que dans le moisd’avril ils le verroient entrer en Flandre avec trois Armées. L’allar-me fût vive. Les Etats résolurent de prêter quatre millions aux Espa-gnols , fur les conditions offertes par Castel-Rodrigo, savoir, rengage-ment de trois Places, avec les Douanes de l’Escaut & de la Meuse, &d’envoïer ordre à leurs Ambassadeurs de conclure promptement une Al-liance encore plus intime avec la Suède.

D e plus , ils firent la destination de leurs troupes, & leur assignèrentles lieux où elles se rendroient. II devoit y avoir à Rozendaël, à six

lieuës