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Tome troisieme.
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HISTOIRE

1668.

Mécontente-ment que cerefus produiten Hollande.D’Estrades ,t ont. feg.;oo.

„ Cependant Sa Majesté, pour témoigner de plus en plus avec„ quelle sincérité elle marche dans le chemin de la paix , & qu’elle délire„ même d’y gagner juíqu’aux moindres instans d’un tems désormais de-„ venu si prétieux, déclare en prémier lieu , que pour fa satisfaction„ des droits échus à la Reine, elle se contentera encore jusqu’au quin-„ zième jour de mai inclusivement , de l’une des deux alternatives„ dont elle avoit ci-devant offert de se contenter jusqu’au dernier jour„ de mars ; à condition que le traité, qui doit se faire là-destus entr’elle

„ & les Espagnols , soit signé , ratifié , & les ratifications échangées

„ avant le seizième de mai. Un Courier, ajoutoit-on , va de Paris k„ Madrid en sept jours, & on en accorde plus de cinquante.

„ E N second lieu , Sa Majesté, pour faire voir la sincérité de cette„ déclaration, est prête de faire sans délai un traité avec le Roi de la„ Grande-Brétagne & les Etats-Généraux , par lequel elle s’obligera

„ de í'e contenter de ladite alternative jusqu’au quinze de mai ; dans

„ lequel traité on insérera mot à mot le traité de paix qui doit„ se faire entr’elle & les Espagnols , fur le fondement desdites al-„ ternatives.

„ En troisième lieu, Sa Majesté donne dès à présent sa parole Roïa-„ le au Pape, à tous les Rois , Electeurs, Princes de l’Empire & au-„ tres Potentats Chrétiens, qu’elle restituera de bonne-fòi au Roi d’Es-„ pagne toutes les Places & les postes que ses armes pourroient avoir„ occupé depuis le dernier jour de mars jusqu’au quinzième de mai, &„ cela sans prétendre de plus hautes & plus avantageuses conditions de„ paix, que celle de l’une des deux alternatives.

„ S a Majesté est persuadée , que la Légation de Messieurs les Electeurs„ & Princes de l’Empire assemblés à Cologne, avouera qu’on n’auroit„ presqu’ôsé espérer de si grandes, si importantes & si favorables décla-„ rations pour raccommodement, même pour la conclusion de la paix,„ puisque sans s’être obligée à rien que juíqu’à la fin de mars , elle met en-„ core la paix entre les mains des Médiateurs, jusqu’au quinze de mai,„ aux mêmes conditions des alternatives. Elle en parle clairement, fans„ ambiguïté ni termes captieux, aïant voulu donner à toute la Chrétienté de„ nouvelles preuves effectives de fa sincérité & de fa modération “.

Le refus de la cessation d’entreprises, ou plûtót la résolution d’en fai-re de nouvelles, distinctement marquée dans ce Mémoire , redoubla lesinquiétudes. Le Pensionnaire dit au Comte d’Estrades , qu’il voioitavec douleur réussir le dessein des Espagnols , qui n’avoient pour but quede diviser la France & les Provinces-Unies ; que Castel-Rodrigo aïantaccepté Palteruative des Places conquises, & les Etats s’obligeant delui faire signer le traité , le faire avouer à la Reine d’Elpagne & enretirer la ratification , on ne pouvoit pas douter en France du succès dela paix. Quai avoit porté le Roi d’Angleterre & les Etats à faire par-ler leurs Députés hautement & rudement au Marquis, & avec menacede rompre s’il n’acceptoit une des deux alternatives ; qu’il l’avoit fait,

que