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Tome troisieme.
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DE LOUIS XIV. LIV. XXXI. 327

que cependant on avoit résolu de l’attaquer, contre les assurances que ■

les Etats & l’Angleterre lui avoient données qu’après l’acceptation la 1668.paix scroit assurée.

Qu e le doute qu’on avoit que ce Gouverneur n’agît pas de bonne-foi,ne pouvoit être levé qu’après la signature, & qu’alors les Etats & l’An-gleterre s’obligeoient de rompre en cas de désaveu de la part de la Rei-ne ; que tout ce qu’ils pourroient alléguer ferait pris pour un refus, &qu’austitôt ils agiroient avec toute leur Armée contre les Espagnols. II D’EJìrades,ajouta, avec des termes trèspressans, que si avec tant d’assûrances effecti- $•!>«£•ves de la sûreté de la paix on refusoit la suspension d’armes, il n’y auroitpersonne qui ne crût que jamais 011 n’avoit eu intention de la faire ;puisqu’il n’étoit plus queítion de recourir aux armes pour obliger lesEspagnols à convenir de l’alternative, qu’ils accordoient en la formequ’on l’avoit demandée.

Qu’i l savoir bien que le plus grand malheur qui pouvoit arriver auxEtats, étoit de se brouiller avec la France ; mais que la chose étoit inévitablefi elle vouloir attaquer les Païs-Bas ; que lui-même y perdroit tout soncrédit ; que ses Maîtres, les Anglois , les Espagnols lui reprocheroientégalement de les avoir abusés par l’espérance qu’il leur avoit donnée dela paix , & qu’on se contenterait en France des conditions proposées.

En effet, dès le lendemain jdngt-neuf mars, les esprits étoient tel- j^ eg Hollan-lement échauffés, que les Provinces d’Utrecht , Groenìngue, Gueldres dois sont fur& Overissel furent d’avis de secourir ouvertement les Espagnols. Gel- le point de seles de Hollande & de Zéelande suspendirent cette impétuosité, disant f e c S cl Ef r a pourqu’il falloit prier le Roi d’accorder feulement le tems qu’il falloit depuis gnois. Pa *la signature jusqu’à l’échange des ratifications, & prendre ce tems le ib. pag. joç.plus juste qu’il se pourrait. Ce ne fût que propositions de ligues & de Le c/myww.liaisons intimes avec l’Eípagne, l’Angleterre & la Suède. Les plus ani-niés étoient les plus grands ennemis du Pensionnaire & les plus grands tom.^.paglamis de la Maison d'Orange; en deux jours ils changèrent plus de dix ;o6.fois le rendez-vous de leurs troupes.

Ils envoïèrent des Députés au Comte d’Estrades, pour lui réprésen-ter le regret qu’ils avoient de voir le Roi éloigné des sentimens de lapaix & dans la résolution de se rendre Maître des Païs-Bas, tandis queCastel-Rodrigo se soûmettoit à tout ce qu’on avoit exigé de lui. Ilsajoutoient, qu’ils espéraient encore de la générosité de ce Prince, qu’ilvoudrait bien leur accorder cette suspension d’armes , fans laquelle onverrait s’allumer un feu dans toute la Chrétienté, qui ne s’éteindroit deplusieurs années.

L’Ambassadeur répondit, qu’il les prioitde faire une réflexion Ib.pag. ;o-sérieuse sur les discours des Espagnols, & fur leur conduite, qui n’avoitd’autre but que de brouiller les Etats avec la France , & leur laisser après*l’embaras & la dépense d’une grande guerre , avec reproche d’avoirabandonné l’Alliance de cette Couronne, à qui ils avoient tant d’obli-gations ; que ce pas étant fait, il ferait mal-aifé d’en revenir ; qu’il les

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