HISTOIRE
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- J 668-
D’EJïradcs ,tons. 5. pag.
28s-
Enfin la sus-pension estaccordéepour deuxmois.
Le Clerc,tom.l.pag. 22g.D ’Ejirades >tom- pag.
Î42.
Ib. pag. jio.
conjurait de se servir de leur prudence, & de ne précipiter pas des ré-solutions violentes, qui tendoient à secourir les Espagnols contre la foides traités.
C e grand attachement des deux partis à demander A k refuser la sus-pension d’armes, ne venoit que du peu de confiance qu’ils avoient l’unpour l’autre. Les Hollandois, qui regardoient le voisinage de la Fran-ce comme leur perte, craignoient qu’une seconde Campagne aussi bril-lante que la précédente, n’achevât de lui soumettre toute la Flandre,& que s’en voïant en possession , elle n’éludât les promesses, qu’elleavoir faites de se dessaisir de toutes les conquêtes qu’on ajouterait àcelles qu’on avoir déjà faites. Entreprendre de les lui enlever, étoitpresqu’auffi dangereux que de l’en laisser jouir tranquillement.
Louis de son côté ne savoir pas trop si ces ligues &ces mouvemensn’aboutiroient point enfin à prendre hautement le parti de l’Espagne.11 avoir sur pied de nombreuses Armées, commandées par les plusgrands Capitaines de l’Europe ; on n’étoit point en état de leur résis-ter. Ses Ambassadeurs , sur-tout celui de la Haïe , l’assûroient, quequelque diligence que pussent faire ses ennemis secrets, ils ne pou-voient être en Campagne que dans le mois de juin , au plutôt. II vou-loit profiter de fa situation avantageuse , & assurer par de nouvellesconquêtes celles qu’il avoir déjà faites , qu’il vouloit garder, ou. échangeravec d’autres Places, qu’il jugeoit encore plus avantageuses.
O n se rapprocha toutefois. La suspension d’armes fut enfin accordée ;mais on en tira presque tous les avantages qu’on aurait tiré de la con-tinuation de la guerre ; on exigea des Puissances Médiatrices qu’elless’obligeassent de contraindre les Espagnols à augmenter considérable-ment ce qu’on avoit demandé jusqu’alors pour la satisfaction des droitséchus à la Reine. Sur les vives instances qu’on continûoit de faire à Pa-ris pour obtenir la trêve, on leur répondit ; que le Roi ne pouvoits’expliquer fur leur demande qu’il ne fût auparavant le parti que pren-draient leurs Maîtres, soit pour la paix, soit pour la guerre, si les Es-pagnols laissoient encore passer fans conclure, le nouveau délai qu’ilsdemandoient pour eux; que cependant , pour apporter jusqu’au bouttoute sorte de facilité pour la paix, on leur déclarait, que si les Es-pagnols n’avoient pas voulu faire la paix avant le prémier de juin , SaMajesté entendoit d’agir alors avec toutes ses forces, comme elle vou-drait , fans qu’on lui imposât aucune nécessité, qui étoit une chose quilui avoit tant déplu dans le traité de la Plaie ; & que les Colligués fis-sent entrer en même tems en Flandre certain nombre de troupes donton conviendrait, pour agir aussi contre les Espagnols. Que par rap-port aux conditions de la paix, le Roi vouloit bien s’engager à rendra,aux Espagnols tout ce qu’il aurait pris fur eux, pourvu que les Colli-gués s’obligeassent à les forcer de lui céder, outre les conquêtes de laCampagne dernière, la Franche-Comté & Cambrai ; s’ils n’aimoientmieux ajouter Tournai & Lille, ou le Duché de Luxembourg, à cequ’il avoit demandé au-lieu de ses conquêtes. Ils