DE LOUIS XIV. LIV. "X XXI. 329
Ils convinrent qu’il étoit juste qu’il en coûtât aux Espagnols s’ils nese déterminoient avant le commencement de juin, & que même on lestraitoit avec modération sais poussoient l’opiniâtreté jusqu’à la fin dejuillet ; mais ils vouloient pouvoir assurer leurs Maîtres que la suspen-sion auroit lieu s’ils consentoient à ce nouveau projet. On ne voulutpoint leur donner cette assurance, de crainte que Popinion que la paixétoit sûre n’affoiblît ses Armées. On donna ordre au Comte d’Estrades& au Marquis de Ruvigni de déclarer à la Haïe & à Londres que lacessation d’entreprises auroit lieu, s’ils consentoient à ces nouvellespropositions.
Elles furent assez mal reçues en Hollande, elles passèrent pour-tant. On négocia fur ce plan , le traité fût signé à Paris le quinzièmeavril. 11 contenoit en substance;
I. Q_u e la paix entre la France & PEspagne se feroit conformé-ment à l’acceptation faite par le Gouverneur des Païs-Bas ; que les rati-fications seroient échangées dans le dernier jour de mai, au plus tard.
II. Q_u e le Roi très-Chrêtien accordoit une cessation de toutes for-tes d’entreprises contre les Places fortes des Espagnols jusqu’au dernierde mai inclusivement, à condition du réciproque de leur côté.
III. Que si PEspagne manque à faire la paix, ou que la ratifica-tion n’en soit pas remise au Roi très-Chrêtien dans le te ms marqué, SaMajesté déclare qu’elle se contentera de faire la paix pendant les mois dejuin & de juillet aux conditions des deux nouvelles alternatives.
IV. Le Roi très-Chrêtien attaquant les Espagnols après la suspensionexpirée, pour tâcher de les nécessiter à la paix aux conditions de Pu nedes deux nouvelles alternatives, le Roi de la Grande-Brétagne & lesEtatS-Généraux seront obligés d’agir avec toutes leurs forces de mer &de terre pour obliger PEspagne d’accepter ces nouvelles conditions.
V. S 1 la paix ne pouvoit se faire pendant les mois de juin & de juil-let , on conviendra alors de nouveau des moïens de terminer la guerre.
VI. A fin que dans l’emploi des armes , on évite les inconvéniensqui pourroient naître de la concurrence des entreprises, il a été conve-nu que les armes de Sa Majesté très-Chrêtienne n’agiront point au-delàdes rivières & canaux qui passent par Argenteau , Navaigne , Maëstricht,Diest, Arschot, Malines, Rupelmonde , Dendermonde , Plassendal,Ostende ; bien entendu qu’elles ne pourront attaquer aucune de cesPlaces. Pour les Etats & l’Angleterre, ils dévoient se contenir au-delàdes mêmes canaux & rivières, fans pouvoir les passer pour faire aucuneentreprise.
A u même tems qu’on avoit travaillé à Paris à ce traité, les Etatsavoient mis en exécution leur résolution de s’engager à prêter plusieursmillions aux Espagnols, fur les Villes & Forterestes que ceux-ci dévoientleur mettre entre les mains. 11s le firent de manière que la France nepouvoit raisonnablement s’en offenser, & que PEspagne ne pourroiten profiter qu’au cas que la guerre continuât fans qu’il y eût de fa fau-Jbmc III. T t te.
1668 .
Traité pro.viíìonnelpour la paix.Le Clerc.torn.?• pag. 230.D’EJìrades ,tom. 3. pag.
m-
Corps Diplo-matique,tom.7. Part. 1.pag. 88.
Traité desHcllandoisavec l’Espa-gne.
Ib. pag. 82.