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Tome troisieme.
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DE LOUIS XIV. LIV. XXXI. 33?

l’attirer sur les bras, l’auroient forcée de demeurer tranquille , & quelque 1 11

part qu’on lui auroit donné dans ces conquêtes l’auroit appaisée. .Au- 1668*lieu de cette conduite vigoureuse, on s’amusa soi-même, & on se laissaamuser ; on chercha des approbateurs, on voulut joindre l’honneur dela modération à celui de la victoire ; on fit montre de ses forces fansles emploïer; on les emploïa inutilement à faire des conquêtes qu’onavoit promis de ne point garder ; en un mot on fit tout ce qu’il falloitpour exciter l’envie , & on ne fit presque rien pour l’empêcher de nuire.

P a r ces procédés, on donna aux Puissances allarmées le tems de seréunir, de lever des troupes, & au-lieu qu’on étoit en état de donnerla Loi, on la reçut ; car au fonds on exécuta presqu’à la lettre le traitéde la Haïe ; de sorte que la Médaille, qu’on frappa en Hollande , ou qu’onsuppose y avoir été frappée , avoit quelque apparence de vérité. Òn yvoïoit Josué qui arrêtoit le Soleil. C’étoit une allusion à Josué Van Beu-ningen ; comme si la paix avoit été l’ouvrage de ses sollicitations & deses menaces, & que ce Josué Hollandois eût eu la force de rendreLouis immobile, & d’arrêter le cours de ses conquêtes. Elle en avoitdu-moins plus que les deux qu’on frappa en France.

O n volt dans Tune le Roi armé, à qui la Paix présente un rameaud’olive. j La Légende, PaxTriumphis prjelata, la paix préférée t Voïezleaux conquêtes , seroit des plus honorables si elle étoit exactement vraie. NQui dit préférence, dit une liberté parfaite ; l’avoít-on cette liberté? &se seroit-on arrêté en si beau chemin, si l’on n’avoit pas craint de s’atti-rer fur les bras toutes les forces de l’Europe?

L’a u tr e Médaille représente le Roi, qui remet àl’Espagne, presqueprosternée, un bouclier marqué des Armes de la Franche-Comté. Lavictoire d’une main tient une Couronne de laurier, qu’elle met fur latête de ce Prince ; & de l’autre main , elle porte les Ecussons des Placescédées à la France. La Légende, Promissi constantia , &l’Exergue , Provincia Seq.uanorum Hispanis reddita ,veulent dire, que la Franche- Comté rendue aux Espagnols est h effet de lastdetité inviolable du Monarque à garder ses promesses, f Cette fidélité est t Voïez lefans doute une vertu ; mais elle devroit être si commune, sur-tout en- N °*tre les Souverains , qu’assûrément elle ne mérite point d’être célébréed’une manière extraordinaire. Ne pas faire une action qui deshonore-roit, n’est point un titre de louange, si ce n’est peut-être en quelqueoccasion, où l’on pourroit la faire impunément, ou, du-moins, la co-lorer de quelque apparence de justice. Or cette restitution avoit été sisolemnellement promise , qu’on ne pouvoit y manquer sans íé perdreabsolument d’honneur & de réputation. Assurément cette Médaille estde trop , & on doit avoir peine à comprendre que Mrs. de l’Académiedes Inscriptions aïent crû donner une vraie louange à Louis quatorze,

.en disant qu il fût plus sensible à la gloire de garder sa parole, qu’àl’a-vantage d’augmenter ses Etats d’une Province qui étoit si fort à fa bien-séance ; d’autant plus , que toute cette guerre supposoit , qu’on te-

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