1668.La Francefortifie sesnouvellesconquêtes.
La Hollandelui proposeune unioncontre l’An-gleterre.
Le Clerc,t om.?. pag. 2 ; 6.D’EJirades ,tom. î-pag.; 64 ,
Le Comted’Estradesappuie cetteproposition.Ib. pag. j 66.
334 HISTOIRE
noit pour nulles les promesses qu’on avoit faites de [ne la point entre-prendre.
De's que la paix fût assurée par l’échange des ratifications , qui fefit exactement au jour marqué, Louis, pour assurer ses conquêtes, fittravailler avec beaucoup de dépense à deux Citadelles de cinq Bastions,l’une à Lille & l’autre à Tournai; Ath fût auíïi fortifié de huit Bastionsrevêtus, & devint une des plus fortes Places des Païs-Bas. Tous cestravaux se firent à la fois & s’achevèrent avec une promptitude incroya-ble. D’un autre côté , l’Efpagne & la Hollande, échappées par leuradresse au danger qu’elles avoient crû inévitable , prirent des mesurespour n’y plus retomber.
La Hollande pourtant, soit sincèrement , soit pour s’assûrer desfentimens qu’on avoit à son égard , parut vouloir se rapprocher de laFrance ; du-moins le Grand Pensionnaire parla fur ce ton au Comted’Ëstrades. II l’assûra que ses Maîtres ne prendroient aucun engagementavec les Espagnols, quelques instances qu’on pût leur en faire. 11 ajou-ta , qu’il voioit avec peine que plusieurs Villes de Hollande, & mêmedes Provinces entières inclinoient fort à se lier avec les Angleis ; queson sentiment seroit de rompre ces mesures ; qu’il ne le pouvoit seul,sans qu’on l’aidât ; que les circonstances étoient favorables, la paix aïantdissipé les soupçons de la Monarchie Universelle. .Que sa pensée étoitd’entrer dans de nouvelles liaisons, pour s’opposer à la prétention duRoi d’Angleterre , qui vouloir dominer sur les mers & prendre fur tou-tes les autres Nations une supériorité insupportable. Que si on vouloiten France convenir avec les Etats de la forme du salut, entr’eux , &unir ensuite leurs forces pour obliger les Anglois à renoncer à leur titrede Rois de la mer , ou les combattre par-tout où on les trouveroit, onseroit connoître à toute la terre qu’on étoit encore parfaitement uni, &qu’on détromperait tous ceux qui étoient persuadés que le Roi très-Chrê-tien conservoit de l’aigreur & de la méfiance de tout ce qui s’étoit passédepuis le vingt-trois de janvier , c’est-à-dire depuis l’Alliance de l’Angle-terre & des Etats pour conserver aux Espagnols le reste de la Flandre.
L e Comte d’Estrades rendit compte de cette ouverture du Pension-naire , & emploïa les raisons les plus solides pour la faire goûter. IIréprésenta, que si ce Ministre n’étoit appuie du Roi, il prendrait d’au-tres mesures & seroit forcé d’acquiescer aux fentimens du parti des An-glois. „ II ne le fera qu’à l’extrémité, ajoutoit-il, étant fort mal fatis-„ fait , & aïant peu d’estime pour le Conseil d’Angleterre , un grand mé-„ pris pour celui d’Espagne, & ne faisant nul fondement sur les réso-„ lutions des Suédois , qu’il trouve fort intéressés; au-contraire aïant„ une haute estime de la personne du Roi, de sa valeur, de son grand„ esprit & de sa conduite ; jusques-là , qu’il a dit hautement dans l’As-„ semblée, qu’il falloit “avouer, que le prémier & le plus solide Con-.„ seil de la Chrétienté étoit celui du Roi, qui en étoit le Chef, ce qui„ ne se voïoit pas ailleurs
Q.UEL-